12 soldats maliens tués dans une attaque d’une base revendiquée par un groupe peul



Douze militaires maliens ont péri mardi dans l’attaque du principal camp militaire de Nampala, dans le centre du Mali, revendiquée par un groupe armé peul.

Le bilan de l’attaque de Nampala (…) est de 12 morts, une trentaine de blessés et des équipements enlevés, a affirmé le porte-parole du gouvernement, le ministre Mountaga Tall, dans un communiqué de la présidence. M. Tall s’exprimait à l’issue d’un Conseil restreint de Défense convoqué par le président Ibrahim Boubacar Keïta pour faire le point précis de la situation qui prévaut à Nampala.

D’après le communiqué, le président a instruit la hiérarchie militaire de sécuriser la ville de Nampala – qui a été reprise – ainsi que toute la zone et, par-delà, l’ensemble des populations du Mali.

Le camp de Nampala, à plus de 510 km de Bamako, est le deuxième plus important de l’armée malienne dans la région de Ségou (centre), après celui du chef-lieu de région. Aucune estimation n’a cependant pu être obtenue sur son étendue ou ses effectifs habituels.

Quelques heures auparavant, l’attaque avait été revendiquée auprès de l’AFP par un responsable de l’Alliance nationale pour la sauvegarde de l’identité peule et la restauration de la justice (ANSIPRJ), mouvement politico-armé dont la création a été annoncée en juin après des violences contre cette communauté, selon ses responsables.

Doutes sur la revendication

« Nous revendiquons l’attaque de ce mardi contre le camp militaire de Nampala en signe de légitime défense », a déclaré Sidy Cissé, secrétaire général adjoint de l’ANSIPRJ dans une brève communication téléphonique avec un journaliste de l’AFP, en évoquant de nombreux morts parmi les soldats et trois blessés dans leurs rangs.

Dans un texto, le mouvement a ensuite affirmé avoir fait huit morts et onze blessés côté armée, confirmant trois blessés dans ses rangs. Il a aussi indiqué avoir récupéré cinq pick-up et deux camions transporteurs de troupes.

L’attaque avait été annoncée mardi matin à l’AFP par un élu local, un habitant et une source militaire, sans détails alors sur l’identité des assaillants et le bilan.

Selon l’élu local, vers 09H00 locales (et GMT), une épaisse fumée était visible au-dessus du camp, qui était alors sous le contrôle des assaillants. D’après l’habitant, les assaillants sont arrivés à bord de véhicules très équipés au camp, qu’ils ont incendié avant d’en prendre le contrôle.

Mardi après-midi, la revendication de l’attaque par le groupe armé peul avait également été rapportée par l’agence de presse privée mauritanienne Al-Akhbar. Des sources de sécurité dans la région ont cependant exprimé des doutes sur l’authenticité de cette revendication. L’une d’elles a précisé que le groupe armé peul n’a pas la logistique d’envergure pour mener seul une opération de cette nature.

Des responsables de l’ANSIPRJ sont également membres d’une association malienne de Peuls qui avait récemment dénoncé l’assassinat de plusieurs membres de cette communauté accusés, selon elle, à tort par l’armée et des milices d’être des jihadistes.

Un groupe basé dans le centre du Mali, le Front de libération du Macina (FLM) est dirigé par le prédicateur radical malien Amadou Koufa, un Peul et il recrute essentiellement dans la communauté peule, selon des spécialistes. Il est allié au groupe jihadiste malien du nord du pays Ansar Dine. Ces deux groupes revendiquent régulièrement des attaques dans le Nord et le Centre.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, et qui se poursuit actuellement.

AFP

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