À Aït Abdelouahab, le mystère de la disparition de la petite Nihal reste entier



« Pas de nouvelles, bonne nouvelle ».  Près de dix jours après la disparition de Nihal Si Mohand, 4 ans, son père garde espoir. Le visage rongé par la douleur et l’épuisement, Mokrane esquisse même un petit sourire en signe de bienvenue. « Nous sommes toujours sans le moindre indice, les recherches se poursuivent et les gendarmes poursuivent leur enquête », explique-t-il.

Pour les habitants des Ouacifs, la disparition de Nihal est un grand mystère. Ce samedi en fin de matinée, c’est sous un olivier qui couvre de son ombre une partie de la route que Mokrane attend, en compagnie d’une dizaine d’habitants du Douar d’Aït Abdelouahab, à environ 5 kilomètres du chef-lieu des Ouacifs.

(© TSA) | À Aït Abdelouahab, le mystère de la disparition de la petite Nihal reste entier
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Les discussions vont bon train. Dix jours après la disparition de la petite Nihal, l’espoir de la retrouver saine et sauve reste encore intact. Malgré la longue attente et l’absence du moindre indice, un espoir fou continue d’animer les habitants. « Les parents de Nihal sont venus assister à la fête de mariage de l’oncle maternel. Le mariage a eu lieu hier, sans fête. Si celui qui a séquestré Nihal avait pour objectif de saboter ce mariage, c’est chose faite, qu’il relâche la fille à présent », ose une voix parmi la foule. Comme ce jeune trentenaire à Aït Abdelouahab, tout le monde est convaincu que Nihal n’est pas partie toute seule.

Ici, personne ne croit à la piste d’un kidnappeur venu d’ailleurs. À Thala Nevhassa, ce petit village faisant partie du douar des Aït Abdelouahab, au pied du Djurdjura, « il serait très difficile pour un étranger de s’y aventurer sans être remarqué », explique le groupe d’habitants. Pour parvenir à ce petit hameau situé au milieu d’un buisson et où se trouve la maison des grands parents devant laquelle Nihal a disparu, il faut, en effet, quitter cette route où les habitants se sont regroupés, emprunter un passage exclusivement piéton et serpenté. Selon un proche de la fillette, ce chemin, à la décente quasi-abrupte, bétonné sous forme d’escaliers, n’est généralement emprunté que par des gens de la famille.

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La dernière trace de Nihal ? 

Depuis la disparition de Nihal, la gendarmerie ne néglige aucune piste. « Dans ce petit village, toutes les maisons ont été passées au peigne fin depuis le premier jour de la disparition de Nihal. Toutes les forêts avoisinantes, les retenues d’eau ont également été inspectées par les habitants, les gendarmes et les agents ainsi que les plongeurs de la protection civile. Mais ni Nihal ni aucun de ses effets n’ont été retrouvés », explique l’oncle maternel qui venait de se marier.

« Un des chiens de l’équipe cynotechniques a conduit les chercheurs jusqu’à une maison abandonnée au village voisin, Tansaout, et il a rodé autour de ladite maison puis il n’a plus avancé. La maison en question et tous ses environs ont été d’ailleurs minutieusement fouillés, mais en vain », affirme un proche de la famille.

Dans ce contexte, chacun y va de son hypothèse. Celle de quelqu’un qui a cherché à saboter le mariage de l’oncle et celle d’une plaisanterie qui a pris une autre dimension sont les plus évoquées par les habitants.

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Le dispositif de la gendarmerie invisible, mais la mobilisation est toujours de mise 

Ce samedi matin, à Aït Abdelouahab, la présence de gendarmes n’est pas visible. « Ils étaient là depuis le premier jour où l’alerte fut donnée. Ils étaient là de jour comme de nuit aux côtés des habitants dans les recherches. Aujourd’hui ils ne sont pas revenus mais l’enquête suit toujours son cours », confirme un proche de la famille, ajoutant que le dispositif de surveillance est toujours en place. « Même les habitants des autres localités sont sensibilisés pour rester à l’écoute au cas où elle serait relâchée quelque part », ajoute le même proche qui espère revoir rapidement Nihal saine et sauve et mettre ainsi fin à la souffrance de ses parents et de toute la population qui s’est mobilisée de jour comme de nuit.

Un autre membre du groupe qui entoure le père de Nihal ose même penser qu’un répit dans les recherches aiderait éventuellement le ravisseur – si ravisseur il y a – à la relâcher. « Que celui qui l’a séquestrée la rende à ses parents et on ne cherchera pas après lui ! On le laissera juste devant sa conscience et devant Dieu », lance en guise d’appel, un oncle de la fillette.

La famille de Nihal refuse de politiser l’affaire 

Parmi les sujets qui occupent la discussion à l’entrée du village figurent les actions annoncées à l’issue d’une réunion tenue la veille par des comités de villages de la région, notamment l’idée d’organiser une manifestation. Mais ici personne ne veut politiser l’affaire. « À quoi servirait d’aller crier dans la rue ‘pouvoir assassin’ tant que les autorités ne nous ont pas abandonnés dans cette affaire. Ils sont à nos côtés de jour comme de nuit », explique un membre de la famille qui dit avoir pourtant bien des raisons de ne pas prendre en sympathie les services de sécurité étant un ancien blessé des événements de Kabylie. « Nous souhaitons plutôt que ces gens qui veulent manifester viennent nous aider dans les recherches surtout qu’après dix jours, certains de nous commençons à être épuisés », poursuit un autre jeune qui ne cache pas sa colère contre certains initiateurs de ces actions qui ont attendu, dit-il, le 9e jour de la disparition pour venir s’enquérir de la situation.

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Source : tsa-algerie.com / Envoyée spéciale : Imene Brahimi

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