A la rencontre du groupe Amzik, les nouvelles voix de la scène kabyle



Aujourd’hui, beaucoup tente leur chance sur internet, eux ont réussi !

Ils s’appellent Nonor et Karim, deux frères, des jumeaux qui sont arrivés en France en 2003. Des soirées entre amis leur permettent de faire de la musique ensemble mais surtout de faire la rencontre de Khiredin Kati alias Didine, musicien et arrangeur hors pair.

Au départ juste quelques vidéos, filmés par Rabah de RB Pictures, dans lesquelles ils tentent de revisiter des standards de Matoub, Ferhat ou encore Idir. Le buzz se créé, plus de 100 000 vues sur les réseaux sociaux ! Aujourd’hui, le groupe est né, il se nomme « Amzik » et il sera en concert le 17 avril 2016 à la Java sur Paris. Nous avons eu le plaisir de rencontrer une partie de ce groupe, Nonor et Didine pour une interview exclusive.

Le Matindz : A quand date votre rencontre et l’envie de créer un groupe ?

Nonor : Il y a environ plus d’un an que nous avons décidé de fonder un groupe et surtout de sortir notre 1er album. Je suis auteur, Karim compositeur et grâce à notre rencontre avec Didine, on peut dire que les choses se sont vite enchaînées. Nous lui avons présenté notre travail, sur lequel nous lui avons demandé d’ajouter non seulement sa touche mais également de la composition. De là, Didine nous a dirigé vers un studio où nous avons pu enregistrer une maquette.

Quelle est la signification du nom du groupe Amzik est-ce une volonté d’un retour aux sources par la musique ou d’inspirer votre musique de ce que les anciens nous ont légués ?

Nonor : Je suis à l’origine de ce nom. Il ne faut pas comprendre que nous souhaitons faire comme avant c’est-à-dire refaire ce qui ce produisait dans la musique traditionnelle de chez nous. Le message est que nous avons été bercés par les artistes et les musiques d’avant. Ce patrimoine musical nous appartient à tout un chacun mais aujourd’hui forts de ce bagage, nous allons faire notre propre musique en proposant de nouvelles sonorités, de nouveaux sujets qui au final nous caractérisent.

Pourquoi avoir commencé par mettre de vidéos de vous sur le net avec des chansons reprises ?

Nonor : Cette idée de vidéos faites par Rabah de RB Pictures, nous est venue comme cela. Nous avions le projet de sortir un album et pour un peu nous faire connaître du public et prendre la température auprès de lui, nous avons revisité quelques tubes de grands noms de la chanson kabyle. L’objectif était de faire part de la naissance du groupe et d’annoncer qu’un album était en préparation. Nous avons été agréablement surpris des buzz qu’elles ont pu faire.

Didine parle-nous de ton travail de compositions et en tant qu’arrangeur sur cet album.

Quand on travail sur un projet comme celui-là, parfois c’est la musique ou les textes qui imposent leurs règles. C’est un album qui s’est révélé être un tout. Un album de création, de compositions mais également de rencontres où chacun à pu mettre son empreinte.

Quelle est la couleur musicale de l’album ? Y a-t-il un style dans lequel on peut vous classer ?

Didine : Si je devais le classer dans un registre musical, je dirai Ttaqbaylit. Nous faisons de la musique kabyle. Ailleurs, comme beaucoup de nos artistes, on sera classé dans les Musiques du Monde. Nous avons de nouvelles sonorités, d’autres influences qui marquent l’identité musicale du groupe.

Didine, tu es depuis quelques années bien implanté dans le milieu artistique, tu joues aux côtés de nombreux chanteurs et musiciens un peu partout. As-tu été un intermédiaire dans cet album pour la rencontre du groupe avec des musiciens de renom ?

Ce qui est beau dans la musique, c’est quand tu présentes un projet, une idée et que les personnes adhèrent spontanément. Quand nous avons sollicité des musiciens en leur présentant le projet, comme Rabah Khalfa, Amar Chaoui, ou encore Martin, Malek Kerrouche, cela s’est très bien passé. Ils ont écouté les titres et se sont rapidement identifiés au projet. Des musiciens de cette envergure, quand ils travaillent sur un album ou sur scène, ils apportent énormément par leur touche et leur expérience. C’est devenu un grand projet d’équipe !

Pour revenir sur cet album, dont la sortie est prochainement prévue, si l’on comprend bien il n’y aura que de la création et pas de reprises ?

Nonor : C’est essentiellement un album de création, ce sont nos propres compositions. Nous avons également eu la chance d’avoir mon grand frère Saïd Belkadi, un compositeur anonyme qui nous a offert une belle chanson d’amour. Enfin, nous avons revisité un morceau d’Abdelwaheb Abjaoui et fait une adaptation en kabyle d’un titre d’Amar Ezzahi dont nous espérons qu’elle touchera le public dans son ensemble.

Nous rappelons que vous serez le dimanche 17 avril 2016 en concert à la Java à Paris. Nous savons que le mois d’avril est une période de commémorations chez les Kabyles d’ici ou d’ailleurs avec le Printemps Berbère. Cette date, est-elle du fait du hasard ou bien une volonté pour vous de graver votre premier spectacle dans une période aussi symbolique ?

Nonor : Il n’y a pas de hasard. Nous voulions un concert en avril pour la symbolique. Rendre un hommage aux disparus et aux militants qui ont survécu. On pourra, je l’espère, dire que notre premier concert nous l’avons aussi dédié au Printemps Berbère et c’est très important pour nous.

Pour votre tout premier concert, qu’est-ce que vous pourriez espérer ou attendre ?

Nonor : Tout d’abord ce concert permettra notre première rencontre avec le public qui nous suivait déjà via les réseaux sociaux, mais également de faire découvrir notre univers musical en présentant les chansons de notre album. Nous espérons qu’il soit agréablement surpris par ce qu’on produira sur scène en réel et non plus en virtuel.

Enfin j’aimerais ajouter que cet album est à l’image de la Kabylie dans sa grandeur. Il n’y a pas de petite, ni de grande. Didine vient de Timezrit dans la région de Bgayet, nous de Iferhounène dans la région de Tizi-Ouzou. Notre univers musical est habité par ces variantes propres de chez nous qui en font je l’espère une force.

Et pour toi Didine qui est un habitué de la scène ?

Je suis confiant, je pense que ce sera un beau concert. Le travail qui a été fait sur l’album et le travail de préparation pour le concert est très sincère, dans un projet très cohérant. J’ai pris beaucoup de plaisir à m’investir sur l’album et pour le concert, une belle expérience et je souhaite qu’elle aille le plus loin possible.

Merci à vous, et rendez-vous donc le 17 avril !

Nassima Chillaoui

Amzik en concert

Le 17 avril 2016 à 18h à la Java

105, rue du Faubourg du Temple

75010 Paris.

Métro : Belleville

Infoline : 07.68.18.41.21

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