A Moscou, l’Université MEPhI internationalise ses cursus nucléaires



L’université nationale de recherche nucléaire de Moscou (MEPhI) s’ouvre activement à l’international en matière de formations aux métiers et techniques du nucléaire. D’une part, elle contribue à former des cadres nationaux pour les pays novices dans le domaine de l’énergie nucléaire et, d’autre part, perfectionne ses propres programmes éducatifs.

Gueorgui Tikhomirov, doyen de la faculté physico-technique de l’Université, explique à RIA Novosti comment le MEPhI compte développer ses initiatives sur le plan éducatif.

– Monsieur Tikhomirov, lors du dernier forum international de Moscou Atomexpo 2016, le MEPhI a présenté pour la première fois son propre programme, qui a suscité l’intérêt du public. Que présentait exactement l’université au forum?

— Dans le cadre de la journée étudiante du 1er juin, nous avons présenté les programmes éducatifs de l’université nationale de recherche nucléaire MEPhI visant à préparer les spécialistes étrangers pour les projets de la compagnie d’État Rosatom mis en œuvre à l’étranger. De plus, grâce aux moyens multimédias, nous avons présenté nos méthodes éducatives.

Actuellement, il est essentiellement question de préparer les étudiants aux futurs projets de Rosatom pour la construction de centrales nucléaires. Mais nous voudrions qu’à terme soient formés des spécialistes pour différents projets de recherche dans le domaine des technologies nucléaires, par exemple les projets de réacteurs de recherche — un secteur qui se développe activement dans le monde à l’heure actuelle. Aujourd’hui, nous accueillons plus de 900 étudiants de 30 pays. Bien évidemment ce nombre va augmenter.

– Quels programmes le MEPhI est-il prêt à proposer à ses partenaires?

— Nous sommes prêts à proposer le plus large éventail de programmes éducatifs. Nous avons des spécialités choisies par des étudiants originaires de pays où Rosatom va construire des centrales nucléaires dont la documentation sera écrite en russe. Il est question de la spécialité « Centrales nucléaires: planification, exploitation et ingénierie ». Et il est très important pour le futur personnel des centrales de s’immerger dans le milieu russophone pour consulter la documentation. D’autre part, il est possible que plusieurs de nos projets soient réalisés en anglais car pour certaines nouvelles centrales nucléaires, par exemple en Jordanie et en Finlande, la documentation sera rédigée dans cette langue. C’est pourquoi nous avons élaboré des programmes de master anglophones — qui sont déjà lancés partiellement mais tourneront à plein régime à partir du 1er septembre 2016.

– Comment sont admis les étudiants en master?

— Cela dépend des quotas de Rosatom. Jusqu’à récemment ils étaient en vigueur pour les programmes russophones et à partir de cette année, le groupe a annoncé des quotas pour 3-5 personnes de Hongrie, de République tchèque, de Slovaquie et de Bulgarie pour un master en anglais.

– Pendant Atomexpo 2016, des accords de coopération ont été signés entre l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et le réseau régional pour la formation dans le domaine des technologies nucléaires STAR-NET. Comment se déroule la mise en œuvre de ce projet de réseau lancé fin 2015?

— Je rappelle que STAR-NET est un nouveau réseau régional de formation nucléaire pour les pays d’Europe de l’Est et d’Asie centrale. STAR-NET a été créé sous l’égide de l’AIEA et le MEPhI est l’un de ses initiateurs, avec l’Université d’État biélorusse d’informatique et de radioélectronique et l’Université d’État technique Alexeev de Nijni Novgorod. Ce projet, comme tout autre réseau éducatif, se fixe d’abord pour objectif de mettre en contact les participants, de comparer leurs programmes, puis de réaliser des projets communs.

Une réunion s’est notamment tenue en avril en Biélorussie concernant ce projet et des groupes de travail ont été créés. En juillet, le MEPhI organisera une école d’été pour la modélisation informatique d’ingénierie, qui se déroulera avec le soutien du réseau STAR-NET. Des étudiants biélorusses y participeront également.

– Et comment le MEPhI interagit-il avec les réseaux régionaux de formation nucléaire déjà existants?

— Actuellement, nous coopérons activement avec le réseau européen d’éducation nucléaire ENEN, dont font partie une cinquantaine d’organisations mais uniquement des universités, ainsi qu’avec des centres nucléaires de différents pays européens. Le MEPhI et l’Institut central de perfectionnement professionnel de Rosatom sont des membres associés de l’ENEN. Dans le cadre de ce réseau est développé le projet ENE-RU II pour la coopération avec la Russie: à l’heure actuelle trois étudiants d’Italie, de Roumanie et de Slovaquie effectuent un stage au MEPhI via l’ENEN.

Tout projet de réseau est intéressant pour élargir les contacts et faire naître de nouveaux programmes et projets. Avec nos partenaires européens, nous évoquons la possibilité de créer au MEPhI, avec des universités de l’ENEN, des programmes en anglais. Avec le temps il pourrait être question d’un cursus de doubles diplômes.

– Autre événement d’Atomexpo 2016: la signature par le MEPhI d’accords avec des écoles des villes où travaillent les entreprises de la compagnie de production de combustible de Rosatom, TVEL. Quels sont les termes de ces documents?

— Les divisions de Rosatom, y compris TVEL, souhaitent que leurs futurs cadres dirigeants commencent leur formation dès l’école. Et l’université nationale de recherche nucléaire MEPhI est historiquement une université de réseau avec des filiales dans des villes où sont présentes les entreprises de Rosatom, y compris la compagnie de combustible.

Nous sommes prêts à proposer nos technologies de réseau pour la formation des lycéens. De plus, les cours de perfectionnement professionnel peuvent également être suivis par les enseignants de lycée. C’est notre mission et nous aiderons de notre mieux.

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