Abel Jafri : « La société bouge, les histoires et les rôles aussi »



Comédien au cinéma et au théâtre, Abel Jafri a derrière une longue carrière parsemée de nombreuses réussites. Dernièrement, il a sorti un roman, « Les Dattes d’Aoulef ». Dans cette brève interview, il revient sur les moments forts de sa carrière.

Le Matindz : Vous avez joué dans de nombreux films, quels sont les rôles qui vous ont le plus marqué ? Beaucoup de rôles sont marquants . Mais je répondrais toutefois: le personnage d’Abdelkrim dans Timbuktu d’Abderrahmane Sissako. (7 César et une nomination aux Oscars) Vous avez également fait du théâtre, pouvez-vous nous dire un mot sur cette expérience ?

Abel Jafri : J’ai commencé par jouer des pièces très différentes : Brecht et Nathalie Sarraute. Egalement une pièce qui a eu beaucoup de succès et beaucoup de prix : « Algérie en éclats », écrite par des auteurs algériens (nomination aux Molières). D’autre part, par la suite, avec ma propre compagnie j’ai animé des ateliers de théâtre pour les jeunes.

Vous venez de publier un roman, « Les Dattes d’Aoulef », que raconte cette fiction ?

Abel Jafri : Les Dattes d’Aoulef raconte l’histoire authentique d’un homme du Sahara algérien qui a quitté son oasis natale (Aoulef) pour « découvrir le monde » et qui, au gré de ses rencontres, va finalement se retrouver dans une usine au Creusot, en Bourgogne. C’est la vision globale de cet homme, Ali, qui importe. Sa culture est à l’opposé de notre monde avec une vision spirituelle de tout ce qui l’entoure. Il interprète les événements d’une façon toute particulière : les personnes qu’il côtoie, les turpitudes de sa vie ne sont décrites que pour renforcer cette idée d’un destin étonnant. J’ai souhaité écrire ce livre pour rendre hommage à tous les parents qui ont émigré.

Comment voyez-vous la situation des artistes d’origine nord-africaine dans la France d’aujourd’hui ?

Abel Jafri : Elle a beaucoup évolué depuis quelques années. A une époque, on utilisait ces artistes dans des rôles clichés. Maintenant, ils ont une plus grande visibilité avec des rôles plus intéressants. La société bouge, et par conséquent, les histoires et les rôles aussi. Quels sont vos projets ? J’ai joué dans le dernier film de Rachid Bouchareb  » La route d’Istambul ». « Voyoucratie » de GFKO et « Valérian » de Luc Besson, dont la sortie est prévue pour 2017. J’ai des films en préparation : « Le voyage extraordinaire du Fakir dans une armoire Ikea », une production internationale et également le prochain film de Christophe Ruggia.

Propos recueillis par Youcef Zirem

Source : lematindz.net

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