ADIEU DDA.MUHEND MESSAOUDENE ! REPOSE EN PAIX !



La légende de l’homme aux raisins.

Nous étions environ une cinquantaine de randonneurs, venus de différents horizons, à se rendre en ce vendredi 13 mai 2015 à Iguersafène, pour faire une randonnée dans la forêt d’Akfadou. En cours de route en direction de la maison forestière abandonnée et délabrée depuis le départ des français en 1962, Dda.Muhend Messaoudene nous a raconté une histoire tragique qui circulait jadis de bouche à oreille :

-« En ce temps là, j’avais 18 ans et les moyens d’information et de communication étaient quasi-inexistants. Quand je passai par la maison forestière, je sentais mes cheveux se dresser sur ma tète.

Alors, j’enclenchai la 4eme vitesse et passais à vive allure de ce maudit chemin. Il me semblait entendre les râles de la victime qui implorait vengeance, seule condition pour arrêter d’effrayer les gens et d’instaurer une paix définitive.

A cette époque, les dentistes, les coiffeurs, les sages-femmes…n’existaient pas. Dans chaque village, on trouvait une ou deux personnes qui s’improvisaient dans ces métiers pour effectuer ces tâches o combien utiles avec des moyens dérisoires et rudimentaires. Par exemple, le pseudo-dentiste utilise des tenailles pour extraire des dents. Vous ne pouvez pas imaginer la dose de courage qu’il faut pour supporter la douleur sans anesthésie. Je ferme la parenthèse et je reviens à l’histoire.

Un homme qui traversa la forêt d’Akfadou à pied, trouva un homme qui prétendait être un barbier.

Le barbier lui proposa de lui raser sa longue barbe non-rasée depuis des années. L’homme accepta son service et le barbier entama son travail. Après quelques instants, le barbier lui fit une étrange proposition :-Et si je t’égorgeais avec ce rasoir bien aiguisé ?

Si tu m’égorges, les petits parleront aux grands et ces derniers se vengeront.

Le barbier égorgea l’homme et partit, le laissant gisant dans une mare de sang, seul et sans témoins.

Les années passèrent. Un jour, le barbier passa par cet endroit. Il se remémora cet épisode de sa vie. Par curiosité, il voulût savoir ce qu’il advint de sa victime. A l’endroit précis ou il abandonna le cadavre, il trouva une vigne qui porte une grappe de jolis raisins. Il prit les raisins, les mit sur le capuchon de son burnous et décida de les offrir au gouverneur. En vérité, il espérait recevoir quelques écus d’or par mesure de reconnaissance.

Quand il fut introduit chez le gouverneur, sa main tremblante n’arrivait pas à saisir les raisins.

Perplexe, le gouverneur ordonna à ses gardes d’inspecter le capuchon du barbier. Les gardes s’exécutent. Dans le capuchon, ils trouvèrent la tète ensanglantée de sa victime. Le gouverneur ordonna à ses gardes de décapiter l’homme aux raisins. Son innocente victime peut enfin se reposer en paix, sa vengeance est faite. Aujourd’hui, les râles ont disparu mais le lieu continue encore d’inspirer de la peur pour tous ceux qui connaissaient cette terrible histoire. »

Histoire racontée par Dda.Muhend Messaoudene, adaptée par Hammar Boussad.

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