Affaire Chakib Khelil: Spéculations autour des raisons d’un retour «précipité»



Des responsables algériens affirment que Chakib Khelil est rentré au pays dans la précipitation «sur un conseil des ses amis du puissant lobby pétrolier américain.»

L’ex-ministre de l’énergie et des mines ne va pas être oublié de sitôt puisque son retour en Algérie était non seulement inattendu mais pas prévu aussi triomphal.

D’ailleurs, hier, le ministre de la Justice, Garde des sceaux n’a pas échappé sur ce cas, à une question d’un député. L’on s’interroge en fin de compte, qui de la justice, des décideurs ou des Américains, Chakib Khelil aurait floué quand des hauts responsables n’hésitent pas à donner de nouveaux éléments qui s’inscrivent dans une suite qu’ils qualifient de «logique» aux événements qui ont, selon eux, prévalu à son retour «national.» Nos sources nous disent qu’«il n’était pas prévu que Khelil revienne aussi vite même si la présidence de la République avait prévu de le faire revenir parce que le président et beaucoup d’autres hauts cadres sont convaincus de son innocence.» Sauf que, nous est-il précisé, «à la présidence de la République, il était prévu qu’il revienne en Algérie après que la justice aurait classé l’affaire Sonatrach 2.» Affaire, qui au passage, reste en suspens puisqu’ «à ce jour, aucune instruction n’a été donnée à ceux qui la traitent.»

Mais il est noté que «le parquet de Milan devait ce 4 avril dernier, inculper ou non Khelil et les autres personnes citées, mais à ce jour, rien n’a filtré sur cette question.» Nos interlocuteurs prennent la peine de rappeler qu’une importante société italienne, présente depuis très longtemps en Algérie, a bénéficié récemment d’un gros contrat avec Sonatrach.

Conseil d’amis et Green Card

Ils nous font ainsi savoir que «des responsables américains nous ont dit que l’ex-ministre est rentré aussi vite parce que ses amis, des puissants lobbys pétroliers américains, le lui ont conseillé en raison des problèmes qu’il pouvait rencontrer s’il s’entêtait à rester aux Etats-Unis.»

Il s’agit bien sûr, selon eux, de «problèmes judiciaires parce qu’une grosse société pétrolière américaine doit être jugée pour avoir été prise la main dans le sac de l’argent sale au temps où il était en poste à l’Energie.»

Comme l’avancent nos sources, la justice américaine est en train de «monter» un dossier sur ce nouvel épisode de l’affaire Sonatrach. «Si cette affaire avait éclaté au niveau de la justice américaine et que Khelil était encore aux Etats-Unis, il aurait été jugé sur place, parce que les Américains n’ont pas d’accord d’extradition avec l’Algérie.»

Il était donc «préférable» pour lui de quitter les States et rentrer aussi vite que possible. Jusqu’où va la véracité ou non de telles informations, «les mois à venir devront, en principe, lever le voile sur bien de questions, y compris celle d’importants changements au niveau le plus haut du pouvoir,» soutiennent nos sources.

Nationalité américaine contre poste politique ?

Avant de quitter son pays d’adoption, Khelil a pris, ces derniers mois, toujours selon nos sources, «la précaution d’échanger son passeport américain contre la carte de la citoyenneté ou la Green Card, ce que nos émigrés en France appellent la carte de résidence.» L’ex-ministre de l’Energie et des Mines a en parallèle, selon nos sources «déclaré dans un cercle restreint, que son épouse n’était pas étrangère, elle est Palestinienne certes, elle est donc apatride»… Cela signifie qu’«elle peut aussi avoir n’importe quelle nationalité y compris celle algérienne…,» font remarquer nos sources. De telles informations laissent croire que Khelil peut, après «son choix de la Green Card uniquement,» prétendre à un poste important au sein des institutions nationales.

Candidat à l’élection présidentielle ? Premier ministre ? Ou ministre d’un super ministère de l’Economie comme en rêve Abdesselem Bouchouareb, c’est-à-dire l’Industrie, les Mines et l’Energie dans un même portefeuille ? Peu importe, indiquent nos sources, l’essentiel est qu’en se débarrassant de sa nationalité américaine, il échappe au diktat de l’article 51 de la Constitution qui ne permet pas aux binationaux de prétendre à des hautes fonctions politiques de l’Etat. «C’est Ouyahia qui a pensé cet article parce qu’il avait peur d’être doublé par Khelil au poste de 1er ministre,» affirment nos sources.

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Lequotidien-oran.com

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