Affreux, sadiques et incompétents (2e partie)



En regardant les primaires de la droite française, j’ai pensé à la chance providentielle des Bouteflika, Ouyahia, Sellal, Saïdani et autres Gaïd Salah, à toute cette coterie dont les prétentions sont inversement proportionnelles au bilan : à ce pays qu’ils ont mis à terre, ils veulent ajouter le malheur de vouloir le présider !

Ils n’ont que faire de l’avis du peuple puisqu’ils ne sont ni François Fillon, ni Alain Juppé ni Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire de pauvres créatures vivant dans ce système imbécile qui les oblige à convaincre l’électeur de ses capacités et de son projet ! Leurs primaires à eux, se déroulent en vase clos, dans le ring de la lutte des clans. Ils veulent leur part de despotisme ! Etre roi ! Même sur un désert ! Qu’importe si chacun d’eux a pris part à l’abaissement national, à la précarité qui guette la population ! Qu’importe s’ils viennent de livrer l’Algérien au dénuement et à l’incertitude et que dans quelques semaines, le gouvernement annoncera l’impossibilité d’honorer les salaires des fonctionnaires, puis les vagues de licenciements, puis l’arrêt des subventions des produits de base : ils veulent être roi, même dans un univers de précarité. Parce qu’enfin, c’est vrai : nous ne sommes pas en république mais en autocratie archaïque fardée en république. Le privilège et le génie sont là ! il ne s’agit pas encore, chez nous, de gouverner, mais seulement d’exercer le pouvoir.

Du reste, on le voit bien, l’Algérie est le seul pays qui se passe de Conseils des ministres et d’activités présidentielles sans choquer personne. Pire : il se trouve même des personnalités de premier plan pour estimer que « l’absence du président n’a aucun effet sur les affaires », ce qui est en partie vrai, si on prend le terme « affaires » dans son acception première. Elles n’ont jamais été aussi florissantes ! Ils ne cherchent même pas à sauver les apparences, à défaut de sauver l’honneur. Ils s’expriment en équipe qui a lamentablement échoué dans la gestion économique d’un pays qui devait être celui de la fierté de la dignité, est aujourd’hui le cancre de l’Afrique, un pays sans influence… Mais qu’importe le bilan puisqu’ils ne sont ni François Fillon, ni Alain Juppé ni Nicolas Sarkozy ! A eux les charmes de la République bananière qui les épargne des contraintes de la démocratie, ce sot système où l’on s’épuise à décortiquer les bilans des dirigeants, à exiger la vérité sur leur état physique. Rien de tout cela chez nous : la santé du chef de l’État, l’argent du pétrole, la façon dont s’exerce le pouvoir, toutes ces insurmontables questions sont du seul ressort des dirigeants. Le bon peuple n’a à s’inquiéter de rien : avec ou sans président, l’État ne fonctionne pas.

Les citoyens ne jouant aucun rôle dans la désignation, la reconduction ou la mise à l’écart de leur président, ce dernier, en retour, règne sans rien leur devoir. Il n’a de compte à leur rendre ni sur sa bonne santé, ni sur sa maladie, ni sur l’argent du pétrole. Aussi vivons-nous sans nous poser les mauvaises questions, ce qui nous évite de nous encombrer des réponses. Nous nous moquons de savoir qui sont les bons et qui sont les méchants puisque nous n’avions ni la chance de faire partie des premiers ni la malchance de compter parmi les seconds.

Ils ne seront jamais François Fillon, Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy !

Didou

La première partie : Affreux, sadiques et incompétents (1ère partie)

Source : lematindz.net

Laisser un commentaire