Alger, au lendemain de l’Aïd : odeurs nauséabondes et étals vides



Odeurs, ordures et étals des magasins vides, au lendemain de l’Aid el Kebir, Alger donne l’image d’une ville morte. Place Audin, en plein-centre, en fin de matinée. L’odeur du mouton est partout. Sur les terrasses des cafés, peu de monde. La rue Didouche Mourad est quasiment vide.

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Les commerçants tentent à l’aide d’un frottoir et d’un seau d’eau de nettoyer leurs échoppes et le trottoir à l’extérieur. Malgré le passage des éboueurs, des sacs-poubelles, du pain, les peaux de mouton, les excréments traînent sur les trottoirs.

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À Meissonnier, la rue marchande est peu fréquentée. Près des bennes des ordures installées anarchiquement sur le trottoir, on y trouve un tas d’objets hétéroclites : un lit retourné, du bois, de la tôle et des excréments d’animaux.

« Pas question de travailler pendant l’Aïd »

Juste en face une boulangerie, ou les clients se précipitent déjà pour acheter du pain. « Les boulangeries et les épiceries du quartier sont restées ouvertes les deux jours de l’Aïd. Nous n’avons eu aucune difficulté à nous approvisionner notamment pour les produits de première nécessité », affirme un père de famille, tout content de trouver du pain.

Un peu plus loin, dans une petite épicerie. Des femmes font leurs courses tranquillement. « Nous sommes ouverts à longueur d’année, nouvel an, mouloud, achoura. Mais il n’est pas question de travailler le jour de l’Aïd », affirme l’un des vendeurs. Je ne peux pas laisser ma famille seule les jours de l’Aïd ».

Étals vides et prix élevés

Au marché de fruits et légumes de « Meissonnier », les étals sont quasiment vides ! Les marchands ont carrément déserté le marché. Devant une boucherie, une dizaine de personnes venue découper leur mouton, c’est d’ailleurs la seule boutique qui ne chôme pas. Un peu plus loin, une autre boucherie propose uniquement de la viande blanche. Le boucher vend le poulet à 450 DA le kilo, alors qu’il ne coûtait que 390 DA la semaine dernière.

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« Gigot, peaux de mouton et douaras » dans les poubelles

Retour sur l’artère principale de la capitale, « Didouche Mourad. La police installe des sabots sur les voitures mal stationnées. En bas des escaliers qui mènent au marché Réda Houhou (ex-Clauzel), un agent de nettoyage critique l’incivisme des Algérois. « Je ne sais pas comment cela est possible. On vient de vider les poubelles et elles sont déjà pleines. Les riverains ou ceux qui jettent les ordures ne respectent aucune loi, ni personne d’ailleurs », déplore-t-il.

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Les Algérois se débarrassent de leurs ordures quand ils veulent et comment ils peuvent. Parfois, les automobilistes jettent des sacs pleins d’ordures de leur voiture, sans prendre la peine de descendre. « Nous avons trouvé ce matin, ici même, un gigot en bon état, des sacs remplies de douaras (tripes), cinq peaux de mouton », énumère l’agent de Netcom, la société en charge du ramassage des ordures. « Je n’ai pas d’explications. Je regrette seulement que beaucoup d’Algériens n’aient pas eu la chance de manger de la viande pendant l’Aïd », ajoute-il.

Blessures, indigestions et autres maux…

Si la plus part des pharmacies n’ont pas ouvert le jour de l’Aïd, celles qui étaient de permanence, ont eu la surprise de voir autant de monde s’y précipiter. « Nous avons eu énormément de monde. Nous avons dû travailler jusqu’à 20h le deuxième jour de l’Aïd. Vous savez les Algériens ne font pas les choses à moitié. En découpant le mouton, ils se sont coupés les doigts et les mains », confie une vendeuse dans une pharmacie en contrebas de la rue Didouche. « Nous avons reçu aussi des personnes qui se plaignent d’indigestion, de diarrhée, de vomissement. Toutes les pathologies avaient un lien pour la plus part avec l’Aïd el Kebir », affirme cette pharmacienne.

Les hôpitaux ont été également débordés par le flux de blessés et de malades. L’Aid el Kebir n’a pas vraiment une fête joyeuse pour tous les Algériens.

Source : tsa-algerie.com / Samira Hadj Amar et Mallak Ayache

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