Un amour tragique. Par Hammar Boussad.



Muhend est un étudiant à l’université de Boumerdes. Quant il a des travaux de recherche ou du temps libre, il se rend à la bibliothèque universitaire pour étudier où nourrir son esprit avec toutes sortes de lectures dont il est friand.

Un jour, il rencontra Lila, une étudiante qui cherchait par hasard le même livre que lui. Muhend tenait dans ses mains le livre convoité par Lila. Elle demanda à Muhend la permission de lire le livre avec lui car la bibliothèque disposait uniquement d’un seul ouvrage de ce genre.

Muhend accepta avec joie. Il pesa qu’il pourrait s’avérer enrichissant de confronter ses idées avec celles des autres. En plus, il pourrait faire connaissance avec une fille resplendissante de charme et de beauté.

Au fil du temps, Muhend et Lila prennent l’habitude de se voir régulièrement dans la bibliothèque. Tantôt, ils étudient, tantôt, ils bavardent ensemble sur les hauts et les bas de la vie.

Les amies de Lila se sentent abandonnées. Elles sentent que leur amie est en train de tomber amoureuse. Quant elles l’interrogent, elle ne sait plus quoi répondre. Néanmoins, elle reconnait son attirance pour ce garçon qui reste discret dans ses sentiments. Elle n’arrivait pas encore à comprendre cet amour qui naissait doucement dans son cœur.

Lila se sent bien quant elle est avec Muhend. Elle oublie le monde environnant. Elle voit tout en rose. Avec le temps, Muhend lui apparait comme un ange qui hante ses rêves. Chaque nuit, il lui semblait qu’il descendait du ciel et l’emmenait dans ses ailes vers des contrées lointaines, belles, douces et romantiques.

Muhend se relevait péniblement d’un premier amour qui lui a laissé des blessures béantes qui ne veulent pas se cicatriser. Malgré le temps et tous ses efforts, il n’arrive pas à oublier Zahia. Il essayait de s’armer de courage et d’optimisme mais le désespoir arrimé aux décombres de son amour avorté arrive toujours à détruire ses illusions, comme une vague qui détruit les cœurs unis tracés sur le sable d’une plage qui lui rappelle des souvenirs impérissables.

Quant il revient au village, des échos propagés par les amis, les voisins et les villageois lui parviennent toujours à propos de Zahia. Dernièrement, des amis s’empressent de l’informer de la naissance de son premier enfant. Cette nouvelle lui fait mal et ravive ses plaies et ses chagrins. Il aurait tant aimé être le père de cet enfant.

Heureusement, depuis qu’il a fait la connaissance de Lila, il sent comme un rayon de soleil, un rai de lumière qui commence timidement à forcer un passage dans son esprit encombré par les nuages et les ténèbres. De plus en plus, l’espoir et l’oubli commencent à envahir son cœur qu’il croyait fermé à jamais. Cette fille lui plaisait beaucoup mais il voulait être sûr de ses sentiments pour ne pas proférer des mensonges.

Le lendemain et le surlendemain, il ne retrouve plus Lila à la bibliothèque. Inquiet, il s’informe auprès de son amie intime Tanina. Celle-ci lui apprend qu’elle souffre de maux de tête violents qui l’empêchent d’étudier.

-« Si tu as un message à lui transmettre, je le ferais avec joie », lui dit-elle.

«Merci ! Passe lui un grand bonjour et souhaite lui un prompt rétablissement », lui répond-il.

Vers minuit, le cas de Lila s’est aggravé. En se réveillant, Tanina entendit Lila qui gémissait, visiblement souffrante. Elle toucha ses tempes qu’elle trouva brûlantes de fièvre. Affolée, elle alerta les gardiens qui l’aidèrent à évacuer son amie vers l’hôpital. Les médecins de garde lui prodiguèrent les premiers soins, calmèrent sa fièvre et la gardèrent en observation pour des examens plus approfondis en attendant de trouver les causes qui provoquent ses maux de tête et sa fièvre pour la traiter plus efficacement.

Le lendemain, Tanina informe Muhend de ce qui était arrivé à Lila. Ils se donnent rendez-vous  à 13 heures devant l’hôpital pour lui rendre visite…         C’est l’heure de la visite. Muhend et Tanina entrent à l’hôpital. Elle va beaucoup mieux. Elle est heureuse de retrouver ses amis. Tanina trouve un prétexte pour laisser seuls les deux amoureux. Elle demande à Tanina le numéro de téléphone de ses parents et sort dehors pour les informer de la maladie de leur fille.

Lila et Muhend sont maintenant seuls. Chacun dévore l’autre des yeux en souriant. Muhend prit la main de Lila dans la sienne et serra ses doigts doucement dans les siens. Le cœur de Lila se met à battre la chamade. Elle s’approcha de lui et remarqua sa lèvre inferieure qui tremblait légèrement. Ce geste encouragea Muhend à lui dire :

-« Je t’aime Lila ! »

Un monde merveilleux s’ouvrit devant eux, un monde féerique qui rassemble tout ce qui est beau dans la nature, le ciel et l’univers tout entier. Le soleil, la lune, les étoiles, les fleurs, les oiseaux…semblaient danser la danse du bonheur et de l’amour autour d’eux. Elle ne sut comment elle s’est retrouvée blottie dans les bras tendres de l’ange de ses rêves. Elle lui dit à son tour :

-«  Je t’aime Muhend ! »

Le cas de Lila nécessite une prise en charge à l’étranger selon les spécialistes qui ont examiné Lila. Heureusement, son père travaille dans un grand hôtel à Alger. Il a de solides connaissances qui l’ont aidé à envoyer sa fille en France en un temps record. Une semaine après, Lila débarque dans un grand hôpital parisien réputé pour ses remarquables prestations.

Muhend à dû supporter les affres terribles de la séparation : le stress, le vide, la solitude, la mélancolie, les insomnies…étaient son lot quotidien.

-« Un mois après, Lila revint guérie et rayonnante. Elle me fit la surprise. Perdu dans la cour de l’université, je ne l’ai pas vue venir. Elle plaqua ses mains contre mes yeux et me demanda de deviner son identité. Je reconnus sa voix. Fou de joie, je me jetais dans ses bras. Nous restions enlacés et les larmes ruisselaient sur nos deux visages. Je lui pris la main et nous commençions à marcher dans la cour…Soudain, j’entendis des coups sur la porte de ma chambre et la voix de ma mère qui s’écriait :

-Muhend ! Muhend ! Réveille-toi mon fils ! C’est l’heure d’aller à l’université ! »

Muhend se lève péniblement. Il lave son visage et prend son café avant de dire adieu à sa mère. Il retourne à l’université en prenant un fourgon. Le mercredi 21 mai 2003, il est emporté par le terrible tremblement de terre qui a frappé  la ville de Boumerdes et ses environs.

« Tfuk, ur tfuk ara », extrait d’un roman de Hocine Louni,

Adapté par Hammar Boussad.

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