Anouar Benmalek : « L’écrivain est un rêveur qui veut changer le monde. »



Il est de notre devoir, nous autres apprenti-écrivains de lire et relire, analyser et méditer les œuvres d’art des écrivains confirmés et expérimentés afin d’apprendre et de transmettre leur savoir grandiose aux générations futures. C’est dans cette optique que j’ai essayé modestement d’adapter la vision que porte le grand auteur Anouar Benmalek sur l’écrivain.

Perdu dans ses pensées, absorbé dans son imagination, l’écrivain tente obstinément d’inventer un monde plus humain, conforme à ses rêves, ses fantasmes et ses désirs. Naïvement, il croit pouvoir refaire le monde avec des mots. Naïf ou fou, il refuse d’écouter les remarques désobligeantes de ceux/celles qui ne partagent pas ses illusions. Il refuse d’écouter ceux/celles qui trouvent ses idées subversives. Il refuse d’écouter ceux/celles qui croient que ses diaboliques projets sont voués d’avance à l’échec. Il refuse d’écouter ceux/celles qui pensent qu’il perd bêtement son temps à écrire des livres que plus personne ne lirait au lieu de croquer la vie à belles dents.

Mais, l’écrivain têtu et entêté s’acharne à la tâche pour trouver le mot qu’il faut, l’image idéale, la métaphore convenable. Sourd à tous les appels à la raison de toutes ces gens qui ne comprennent pas son acharnement à vouloir transformer les déserts avec une simple plume, quelques rêves et une passion démesurée pour la littérature.

L’écrivain qui attend sagement et patiemment que l’inspiration vienne à lui pour écrire n’ira pas très loin dans son parcours littéraire et artistique. Ses ambitions se heurteront à des horizons bloqués et sans issue. L’écrivain est comme un laboureur ou un menuisier, il doit travailler régulièrement, quotidiennement avec patience et persévérance dans le seul but d’atteindre la perfection. L’écrivain ne doit pas hésiter à donner libre cours à son imagination.

Libre comme le vent, il doit s’efforcer d’évacuer tous les espaces et toutes les situations qui entravent son libre arbitre en le poussant directement ou indirectement, consciemment ou inconsciemment à brouiller et polluer ses pistes avec la censure, l’autocensure, les traditions, les garde-fous, les lignes rouges, les interdits…Comme un bateau ivre, l’écrivain doit déjouer les vagues, les intempéries…quitte à ne pas arriver à bon port.

Malgré tous les spectaculaires bouleversements induits par la mondialisation et les nouvelles technologies, l’écrivain restera comme un phare inamovible, un eternel témoin de son temps, utile et vital pour alimenter le monde avec ses rêves, ses lumières et ses fantasmes.

Par Hammar Boussad.

Laisser un commentaire