Après le putsch, le pays fait fermer journaux et TV



TurquieLa répression se poursuit après le coup d’Etat manqué du 15 juillet. Des médias en font les frais. En outre, la licence d’un courtier a été annulée.

La Turquie a ordonné la fermeture de 45 journaux et de 16 chaînes de télévison, a annoncé mercredi soir un responsable, tandis que s’intensifie la purge lancée après le putsch raté du 15 juillet. En outre, trois agences de presse, 23 stations de radio, 15 magazines et 29 maisons d’édition ont été fermés, a annoncé le journal officiel.

Aucune liste n’a été fournie, mais selon la chaîne de télévision privée CNN-Türk il s’agit essentiellement de médias de province, mais aussi de certains médias à diffusion ou audience nationale.

L’agence de presse Cihan fait partie de ceux-ci, aux côtés de la télévision prokurde IMC TV et du quotidien d’opposition Taraf.

Arrestation d’ex-employés de Zaman

Mercredi matin, la justice avait déjà annoncé 47 nouveaux mandats d’arrêt visant d’ex-employés du quotidien Zaman en raison de leurs liens supposés avec le réseau de l’ex-imam Fethullah Gülen, accusé d’être derrière le coup d’Etat manqué. Parmi eux figurent des rédacteurs en chef et des éditorialistes de renom.

Lundi, 42 journalistes avaient fait l’objet de mandats d’arrêts et certains d’entre eux ont été placés en garde à vue.

La fédération internationale des journalistes (FIJ) a appelé l’Union européenne à faire pression sur le président Erdogan pour qu’il respecte la liberté de la presse.

Licence annulée

L’autorité turque de régulation financière a en outre annulé la licence d’un directeur de recherches de l’une des principales sociétés de courtage du pays, à la suite de son analyse sur le putsch manqué du 15 juillet. La commission des marchés boursiers (CMB) a indiqué mardi sur son site que la licence de Mert Ulker, directeur de recherches du courtier turc Ak Investment, avait été annulée car il n’avait pas «assumé ses responsabilités» dans la réalisation et la publication de l’étude le 18 juillet.

Sans cette licence, Mert Ulker ne pourra pas travailler sur les marchés boursiers turcs. Cette annulation fait de Mert Ulker le premier travailleur du secteur financier privé à être affecté par les mesures de répression post-putsch.

«Propagande sombre»

L’étude a été critiquée dimanche par un journal progouvernemental, Sabah, l’accusant de «propagande sombre» et reprochant à Mert Ulker d’avoir émis des hypothèses sur les personnes derrière le coup d’Etat, affirmant même que le président Recep Tayyip Erdogan en avait connaissance.

Selon le journal, l’analyste aurait repris une information selon laquelle le président prévoyait de se servir du putsch pour faire le ménage au sein de l’armée et pour renforcer son contrôle du pays.

Selon le ministre de l’Intérieur Efkan Ala, cité par l’agence de presse Anadolu, 15.846 personnes ont été placées en garde à vue depuis le coup d’Etat. Un responsable turc a indiqué à l’AFP que 3000 suspects avaient depuis été libérés et que 8113 étaient en détention préventive.

La répression envers les putschistes s’est étendue ces derniers jours aux journalistes, aux juges, aux procureurs et aux milliers de fonctionnaires qui ont été suspendus.

(afp/nxp)

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