Après le remaniement : Les défis du nouvel exécutif



Même si les observateurs ont relevé à l’unisson, qu’hormis le départ d’Amar Ghoul qu’on peut interpréter comme un message politique, les changements qui ont touché quelques portefeuilles ministériels semblent traduire le souci des dirigeants, mais aussi du parti majoritaire, en l’occurrence le FLN qui joue gros, d’impulser une nouvelle dynamique à l’action gouvernementale d’autant que les perspectives de la situation socio-économique ne sont guère reluisantes.

Ce n’est probablement pas sans raison que le remaniement, attendu depuis plusieurs semaines déjà, intervienne au lendemain de la tenue de la tripartite où le premier ministre Abdelmalek Sellal a esquissé les grandes lignes du nouveau modèle économique. C’est que le premier Ministre, mais aussi la présidence de la république ne sont pas visiblement satisfaits du travail de certains ministres, particulièrement les désormais ex ministres des finances, Abderrahmane Benkhelfa et celui de l’énergie, Salah Khebri et souhaitent que les nouveaux profils répondent aux exigences de l’heure. Ni le premier n’a réussi à booster le système bancaire à travers des réformes audacieuses et à mener à bien l’opération de l’emprunt obligataire, conjugué à quelques ratages de communication, ni le second n’a réussi à mettre en place une nouvelle stratégie énergétique.

«L’Algérie dispose des facteurs pour une émergence économique. Il nous faut donc aller chercher la croissance ailleurs, c’est-à-dire dans la sphère économique réelle là où l’entreprise, publique ou privé, est la clé de voûte », a déclaré Abdelmalek Sellal devant ses partenaires du patronat et de la centrale syndicale. «Ce modèle de croissance intègre un cadrage budgétaire sur le court et moyen termes, réaménagé en fonction des éléments factuels de conjoncture tout en maintenant les objectifs de croissance et d’édification d’une économie émergente fixés par l’autorité politique. L’objectif est d’aboutir, en bout de cycle, à des niveaux soutenables en matière d’équilibres des finances publiques », a-t-il expliqué.

Sellal ne manque pas de suggérer que l’objectif est de sortir de la dépendance des hydrocarbures, d’où l’urgence de procéder à des réformes dans des secteurs concernés directement par le nouveau modèle économique. «Tous nos efforts et nos capacités sont orientés vers la réunion des conditions d’émergence d’une base productive et industrielle nationale moderne et compétitive, à travers l’amélioration de l’environnement de l’entreprise et la promotion de la production nationale, en luttant ensemble contre ce qui bloque son épanouissement et en écartant les bureaucrates et les véreux ». Il s’agit donc pour les nouveaux titulaires, notamment le nouveau ministre des finances, de réformer au plus vite un secteur jugé par tous les spécialistes comme archaïque et un grand frein à l’investissement dont le pays a tant besoin.

Instruits du retard accusé dans le secteur, -comparé par exemple aux pays voisins, l’Algérie demeure à la traine- les dirigeants ont décidé de créer un nouveau département, en l’occurrence le ministère délégué chargé de l’économie numérique et de la modernisation du système financier. Il y a aussi les secteurs de l’agriculture et du tourisme, qui viennent de changer de main, qui ont besoin d’un coup de fouet, étant susceptibles de devenir de formidables sources de richesses, en termes d’emploi mais aussi de captage de devises. Ce sont autant de défis qui attendent les nouveaux titulaires et donc de façon générale l’exécutif car le temps est désormais compté comme l’a reconnu Sellal lors de la tripartite. «Même si les prix des matières premières, dont essentiellement le pétrole, revenaient à des niveaux élevés dans le futur, ils ne suffiront pas à couvrir le développement socioéconomique du pays », a-t-il admis. Auront-ils le temps et les moyens ?

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