Bataille de Mossoul : l’ONU accuse Daech de massacres



L’État islamique a exécuté 232 personnes par balles dans la région de Mossoul dont 190 membres des forces de sécurité irakiennes, a affirmé l’Organisation des nations unies ce vendredi 28 octobre. Le chiffre pourrait être plus élevé compte tenu d’exécutions supplémentaires au cours des derniers jours, a expliqué la porte-parole du Haut Commissaire aux droits de l’Homme Ravina Shamdasani, dont les propos ont été rapportés par l’AFP. Et selon l’agence Reuters, Daech a également pris 8000 familles en otages dans les villages situés à la périphérie de Moussoul.

Ces accusations interviennent au lendemain de l’annonce par l’armée américaine de la mort de 800 à 900 combattants de l’État islamique dans les combats depuis le début de la bataille de Mossoul il y a dix jours. La même source évalue à environ 5000 le nombre total de combattants de Daech dans la ville. L’État islamique dispose d’une extraordinaire quantité d’artillerie, et devrait opposer une résistance de plus en plus importante à mesure que les forces de la coalition se rapprochent du centre de Mossoul, selon le Général Stephen Townsend.

Jeudi, les forces irakiennes ont affirmé avoir atteint leurs objectifs à l’est de Mossoul et attendre des renforts avant de poursuivre leur avancée, rapporte l’Associated Press. L’objectif de la coalition est d’isoler la ville avant d’y pénétrer.

Dans son avancée vers Mossoul, l’armée irakienne aurait cependant négligé des villes sous le contrôle de l’État islamique, telle que Hawija, considérée comme une moindre priorité. Mais cela laisse une opportunité pour l’État islamique de contre-attaquer ailleurs en Irak, selon le Wall Street Journal. Après la défaite de l’EI à Kirkouk ces derniers jours, des combattants de l’État islamique ont pu trouver refuge à Hawija. Tant que les combattants ont une possibilité de repli sur Hawija, des attaques sur Kirkouk vont continuer, a prévenu le chef de la police de cette ville. L’avenir de la région de Kirkouk est un enjeu territorial qui fait l’objet de tensions entre Bagdad et les Kurdes.

L’État islamique utiliserait des civils comme boucliers humains lors de ses attaques contre l’armée irakienne afin de freiner les bombardements de la part de la coalition et aurait mis en place un réseau de tunnels à l’extérieur de la ville. Le groupe disposerait aussi d’armes chimiques. En conséquence, l’Agence mondiale de la santé a entraîné 90 infirmiers irakiens à une éventuelle gestion de cette situation.

Plus de 10.000 personnes auraient fui les zones de combats. Les organisations humanitaires s’attendent à des centaines de milliers de déplacés au cours des prochaines semaines. Les camps prévus ne suffiront pas à accueillir tous les réfugiés et les organisations internationales préviennent contre une catastrophe humanitaire qui risque de se produire dans la région.

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Source : tsa-algerie.com / Sarah Smail

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