Béziers réunit les droites dures et extrêmes



FranceRobert Ménard, proche du FN, organise un colloque de deux jours dans sa ville pour que les droites «hors les murs» parlent de 2017 .

La digue entre droite et extrême droite peut-elle sauter? Robert Ménard, le maire de Béziers, élu avec le soutien du Front national, s’y emploie. Ce week-end, il organise dans sa ville un colloque pour que la droite «hors les murs» – selon l’expression de Patrick Buisson, ex-conseiller de Nicolas Sarkozy – joue un rôle lors de la présidentielle de 2017. L’idée est née après l’échec du Front national à gagner une présidence de région. Pour que Marine Le Pen puisse prendre l’Elysée dans un an, il lui faudra des alliés.

Pour Robert Ménard, mais aussi pour le souverainiste Philippe de Villiers, Patrick Buisson, l’ex-rédacteur en chef des périodiques d’extrême droite Minute et Valeurs actuelles ou pour le journaliste réactionnaire Eric Zemmour, il y a un espace politique entre Les Républicains et le FN. Ils se voient d’ailleurs tous les mois à Paris pour en parler, rêvant même d’une candidature en 2017 qui pourrait engranger 10 à 15% des voix, si le candidat désigné par la primaire des Républicains est Alain Juppé, qu’ils surnomment «Monsieur Chloroforme».

Ce marais de la droite «décomplexée» peut dynamiter ce qui sépare les droites en France. Le philosophe Alain de Benoist, penseur de la «Nouvelle droite», l’avait imaginé dans les années 70-80. Il sera à Béziers. Cet idéologue avait inspiré Bruno Mégret, alors numéro 2 du FN, qui voulait lui aussi élargir la base du FN sur sa droite. Une des pasionarias du 68 de droite, la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, sera aussi de la partie. Comme le numéro 2 du parti écologiste de droite, le MEI d’Antoine Waechter, ou d’ex-élus des Républicains.

«Décomplexée», «hors les murs», «dure», «nouvelle», ou «identitaire», ces droites vont flirter à Béziers avec un Front national bien représenté. Marion Maréchal Le Pen, plus proche de cette sensibilité que sa tante Marine, est annoncée. Avec le vice-président du FN Louis Aliot et le député Gilbert Collard, les régionaux de l’étape.

Ce rapprochement est à la fois souhaité et craint par la présidente du FN, Marine Le Pen. L’annonce de la création par Robert Ménard du mouvement citoyen «Oz ta droite», un «Podemos» de la droite dure, inquiète la créatrice du Mouvement Bleu marine. Ce possible allié ne risque-t-il pas de devenir un concurrent du FN?

Cette stratégie d’ouverture a cependant subi un premier échec: le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, approché par Florian Philippot, numéro 2 du FN, a décliné l’invitation.

(24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Olivier Bot

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