Ces salamandres « Amazones » championnes de régénération



Des chercheurs américains ont réussi à éclairer notre lanterne sur la régénération accélérée des salamandres « Amazones », dont la population n’est composée que de femelles, rapporte la revue scientifique Journal of Zoology.

Il était une fois un peuple de femmes-guerrières, affublé du joli nom d’Amazones, qui avaient coutume de se couper le sein droit afin de pouvoir tirer à l’arc à flèche, raconte une légende ancienne. Et si les Amazones existaient de nos jours, quelque part dans les contrées marécageuses de l’Etat de l’Ohio? Mieux encore: si elles étaient capables de faire repousser les membres perdus? Toutefois, ces Amazones-là sont moins séduisantes que dans la légende: ce sont des amphibiens dotées de « super-pouvoirs », assurent les chercheurs.

Selon les biologistes, les salamandres « Amazones » (Ambystoma), qui vivent en toute tranquillité dans les marais de l’Ohio depuis six millions d’années, ne représentent pas une seule espèce, mais une population hétéroclite composée d’espèces plus ou moins proches du point de vue génétique: le génotype de chaque salamandre, contrairement aux autres amphibies, contient au moins trois séquences de gènes, ce qui facilite considérablement la parthénogenèse (division à partir d’un gamète femelle non fécondé, ndlr), leur mode de reproduction par excellence.

Cela ne veut pas forcément dire que les salamandres « Amazones » ne sont pas capables de s’accoupler avec les mâles d’autres espèces génétiquement proches, loin s’en faut. En l’occurrence, les Ambystomas réussissent à « renouveler » leur matériel génétique et, par conséquent, à améliorer leur capacité d’adaptation à un environnement changeant. Ce phénomène, expliquent les chercheurs, est connu sous le nom de cleptogènese (« appropriation du matériel génétique », ndlr).

D’après les chercheurs, la plupart des salamandres « Amazones » possèdent trois séquences de gènes « volées »: une séquence propre à la salamandre à points bleus et deux séquences typiques de la salamandre de Jefferson. Ce « mélange » de gènes semble avoir un impact considérable sur la capacité de régénération de ces amphibies. Du moins, c’est ce qu’estiment les chercheurs.

Décidés à confirmer leur hypothèse, les biologistes sous la houlette de Rob Denton (université de l’Ohio) ont mené une série d’expériences au cours desquelles ils ont comparé la capacité de régénération des salamandres « Amazones » et des salamandres à nez court, leurs plus proches voisines. En l’occurrence, c’est la queue des animaux qui a attiré l’attention des scientifiques.

Au terme de leur recherche, les scientifiques ont réussi à démontrer que les salamandres-Amazones sont capables de faire repousser leur queue en moins de 8 semaines, tandis que les salamandres à nez court mettent au moins 12 semaines.

Concernant le mécanisme d’une telle régénération, les scientifiques ne sont pas encore en mesure de lever le voile sur ce phénomène hors du commun.

« Les recherches ne font que commencer et il y a un long chemin à parcourir », soulignent-ils.

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