Chakib Khelil fait le tour des plateaux télé, multiplie les déclarations et visite les zaouias: Des messages «pas catholiques»



Depuis son retour au pays, Chakib Khelil fait le tour des zaouias et des plateaux télé. Cet agenda serré de l’ancien ministre en dit long sur les visées d’un homme revenu par la grande porte après des années d’exil.

L’ancien ministre de l’Energie et des Mines Chakib Khelil poursuit son périple à travers les zaouias du pays. Après celles de Djelfa et de Mascara, l’ex-patron de l’Opep s’est rendu, hier, et avant-hier dans les zaouias de cheikh Boudinar, puis celle de Sidi Ali El Jadarmi, toutes les deux situées dans la wilaya de Tissemsilt, avant d’être l’hôte de la zaouia de Beni Hedim, à Seghouane, dans la wilaya de Médéa. Si ces deux dernières ziyarate (pèlerinages) ne sont en aucun cas des événements en soi, les commentaires émis par Khelil concernant la vie politique et économique nationale le sont. En effet, selon les médias qui ont accompagné l’ancien membre du gouvernement, ce dernier a émis un commentaire sur la tension qui caractérise ces derniers jours les relations entre Alger et Paris. Pour Chakib Khelil, Paris a fait en sorte de fomenter cette tension pour faire diversion sur ce qui se passe dans l’Hexagone, notamment en ce contexte de crise économique. Aussi, des cercles de décision parisiens tentent de faire pression sur Alger afin d’obtenir des contrats, a-t-il analysé. Si Khelil fait des commentaires sur l’avenir des relations entre Alger et Paris, il s’abstient, pour le moment, à placer un mot lorsque des journalistes l’interrogent sur son avenir politique, surtout que des admirateurs qui viennent à sa rencontre lui demandent de se porter candidat à la présidentielle de 2019. Après une traversée du désert, conséquence d’une accusation de corruption dans l’affaire Sonatrach et un mandat d’arrêt international lancé, puis suspendu par la justice algérienne, Chakib Khelil qui a été lâché du plus haut sommet de l’Etat est revenu par la grande porte.

Une stratégie de Com
Il enchaîne zyara sur zyara et interview après interview. Une activité et un dynamisme qui suscitent moult interrogations sur les visées à long terme de Chakib Khelil et de son entourage, sachant qu’un poste de premier magistrat du pays ne s’improvise pas, mais se prépare sur plusieurs années. Selon des politiques plutôt crédibles, l’homme fort de la cité Chabani profite de l’appui des Etats-Unis qui pèseront de tout leur poids pour que le plus américain des Algériens devienne président de la République. Ne se contentant pas des zaouias, canal traditionnel de communication, Khelil multiplie depuis son retour de New York, ses sorties médiatiques pour redorer son blason vis-à-vis de l’opinion publique. Aux questions des journalistes qui l’invitent, tout en prenant le soin de ne pas trop évoquer les questions qui fâchent, Khelil prodigue des conseils pour le pays afin de lui permettre de se sortir indemne de la chute des prix du pétrole. Au moment où l’opinion publique s’interroge sur les visées de Khelil, les pouvoirs publics ne branchent pas. Mieux encore, le ministre des Affaires étrangères et des Waqfs, Mohamed Aïssa s’en est lavé les mains en déclarant que «les zaouia sont autonomes et souveraines». Et d’ajouter : «L’État n’a demandé ni de recevoir ni de ne pas recevoir Chakib Khelil.» Selon lui, il s’agit d’une initiative propre à cette zaouia (Merzouguia, la première à être visitée par Khelil) qui, étant une association civile, a le droit d’honorer qui elle veut. Même son de cloche chez le président de l’Organisation nationale des zaouïas (ONZA), Abdelkader Yacine qui ne rate pas la moindre occasion pour accompagner Khelil dans ses déplacements. D’après lui, il s’agit d’une action «spontanée» des zaouias et qu’à un aucun moment son organisation ne peut s’y opposer.

Sur sa lancée, Abdelkader Yacine annonce que «Chakib Khelil a reçu des invitations de plusieurs zaouïas au niveau de toutes les wilayas. L’ancien ministre ne peut répondre favorablement à toutes ces demandes. Mais je peux confirmer qu’il ira dans les 48 wilayas». Ce sont autant de messages codés que l’ancien ministre de l’Energie compte délivrer pour des objectifs que tout le monde ignore. Du moins pour le moment…

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Letempsdz.com

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