Cherche réalisateur algérien désespérément à Cannes!



Le festival de Cannes est sans doute le plus grand rendez-vous du cinéma au monde. Il regroupe le plus important rassemblement de critiques de cinéma, de cinéphiles, mais aussi de producteurs et de réalisateurs de toute la planète. Chacun vient à Cannes pour regarder des films ou pour rencontrer des producteurs en vue de projets futurs. S’il y a peu de réalisateurs américains qui viennent à Cannes, c’est essentiellement parce qu’ils sont occupés à faire des movies. Mais la Croisette est remplie de producteurs européens essentiellement italiens, français et allemands, mais aussi des scandinaves et espagnols. Mais du côté algérien peu de producteurs étaient présents sur la Croisette, mis à part Yacine Laloui, venu en même temps que nous pour rencontrer un scénariste à Cannes.

Sur le stand algérien, il y avait peu de réalisateurs également. Pour la première fois, l’Aarc, (l’Agence pour le rayonnement culturel, chargée de l’organisation du stand algérien) n’a invité aucun réalisateur et encore moins des producteurs. Durant les 10 jours du festival de Cannes les réalisateurs algériens passant par le stand donc par Cannes, se comptent sur les doigts d’une seule main. Hormis ceux qui ont été sélectionnés à Cannes dans le cadre du cinéfondation: Amine Sidi Boumediene ou Damien Ounouri dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, il n’y avait que quelques réalisateurs de passage: comme Sofia Djemaâ, Djamel Azizi, Karim Tradia et Saïd Ould Khelifa. Les producteurs n’étaient pas nombreux aussi, mis à part Yacine Bouaziz de Thala Production, Mounès Khemar de Safina Production, Hedi Bouabdallah de Media Corp producteur de Damien Ounouri, et Yazid et Sofiane Khodja, les producteurs algériens étaient quasiment absents.

A quoi est due cette absence? Le festival de Cannes ne mérite-t-il pas un passage ou une halte pour découvrir les plus beaux films du monde, discuter avec les plus importants producteurs ou récolter les plus importants films pour les festivals algériens? D’ailleurs, tout le monde s’interrogeait sur l’absence du commissaire du Festival du film arabe d’Oran. Mis à part le directeur des Journées cinématographiques d’Alger et Saïd Ould Khelifa le commissaire du Festival méditerranéen d’Annaba, qui est d’ailleurs un habitué de la Croisette, puisqu’il intervient comme critique de cinéma dans les colonnes de L’Expression, aucun autre représentant de cinéma en Algérie n’était présent.

Brahim Seddiki, le commissaire du Fofa a envoyé néanmoins deux émissaires: Mohamed Bensalah, qui a été pris en charge par l’Aarc, mais qui n’avait pas de badge pour accéder aux projections et Mohamed Allal, journaliste d’El Khabar et de KBC venu à ses propres frais. Dans le stand algérien, aucun catalogue ou fiche technique du Fofa, n’était disponible, contrairement aux JCA ou au Festival du film oriental de Genève, dont la documentation était largement disponible et soigneusement médiatisée par son directeur artistique Tahar Houchi. Mais le plus étonnant c’était l’absence du seul réalisateur africain et arabe vainqueur de la Palme d’or, Mohamed Lakhdar Hamina. Au moment où sur le stand américain étaient visibles des portraits géants de Spike Lee et Brian De Palma, les deux vainqueurs de la Palme d’or de Cannes, sur le stand algérien aucune image de Hamina ou de la seule Palme d’or de l’Algérie; c’est dire que chez nous l’amnésie est très forte.

Lexpressiondz.com

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