Chômage et déficit commercial en hausse : détérioration de la situation économique du Maroc



L’économie marocaine ne se porte pas bien. Les derniers chiffres du commerce extérieur du Maroc, publiés ce mardi 16 août par l’Office des changes (ODF), attestent d’une aggravation de 7,5% du déficit de la balance commerciale du pays. Chiffré à 103,6 milliards de dirhams, ce déficit équivaut à 10,5 milliards de dollars sur les 7 premiers mois de l’année en cours, indique l’organisme officiel marocain.

Ainsi, malgré une baisse sensible de la facture énergétique du Maroc (-30%) à la faveur de la baisse des cours du pétrole brut, la position extérieure du royaume se détériore. En cause, une hausse de 4,8% des importations, plus forte que celle des exportations, en légère augmentation de 2,7% sur la période étudiée, précise l’ODF. Cela dit, en excluant les produits énergétiques, la valeur des importations marocaines a bondi de 12,8% en 7 mois, détaille la même source.

Le chômage en hausse : une croissance stérile ?

Au-delà du commerce extérieur, la situation économique du Maroc semble se détériorer. Les chiffres du chômage sont en hausse, frôlant les 10% de la population active, selon le quotidien français Les Échos. Pourtant, les chiffres de la croissance, récemment réajustés à la hausse, sont bons : le royaume affichait une croissance du PIB de 4,5% en 2015.

Les causes de cette croissance stérile (en termes d’emploi) sont diverses, analyse le professeur Mustapha Maghriti dans Les Échos. Les forts investissements consentis ces dernières années n’ont pas permis une création d’emploi suffisante pour absorber le stock de personnes actives inoccupées et les nouveaux arrivants sur le marché du travail.

Pire, l’économie marocaine a détruit des milliers d’emplois (37 000), particulièrement dans le secteur de l’industrie textile, qui représente pourtant plus de 40% des emplois industriels du pays, indique la même source. Au total, malgré une forte croissance du PIB de 4,5% en 2015, l’économie du royaume n’a créé que 21 000 emplois nets.

L’efficacité de l’investissement ne semble pas suivre et ne suffit pas à créer suffisamment d’emplois, selon le professeur. Autre problème de taille : l’inadéquation de la formation du système de d’enseignement avec la demande des entreprises. La main-d’œuvre marocaine semble donc sous-qualifiée, indique le journal Les Échos. Par ailleurs, en l’état actuel de la structure de l’économie, les taux de croissance nécessaires pour assurer une résorption du chômage sont « hors de portées », toujours selon Mustapha Maghriti

Source : tsa-algerie.com / Tewfik Abdelbari

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