Clinton accuse Trump de flirter avec l’antisémitisme



Guerre des étoiles Il a cité Mussolini, tardé à dénoncer le KKK, stigmatisé musulmans et Mexicains… Il associe maintenant sa rivale et l’étoile de David!

Quelle curieuse passe d’armes! Candidate démocrate à la Maison-Blanche, Hillary Clinton vient d’accuser lundi son rival républicain Donald Trump d’avoir tweeté un message «ouvertement antisémite», alors même que le milliardaire new-yorkais affiche un soutien inconditionnel à Israël et que sa propre fille, Ivanka, s’est convertie au judaïsme en 2009 pour épouser Jared Kushner, devenu entre-temps le plus proche conseiller du tribun populiste.

Sur l’image qui fait polémique, une Hillary Clinton souriante apparaît sur fond de billets de 100 dollars, le tout frappé d’une étoile rouge à six branches portant le message suivant: «La candidate la plus corrompue de tous les temps!» Le symbole peut évidemment faire penser à l’étoile de David que devaient porter les juifs sous le nazisme.

Or, la candidate démocrate, que Donald Trump accuse d’être inféodée aux milieux financiers de New York, a elle aussi un gendre juif, Marc Mezvinsky, qui a épousé Chelsea Clinton en 2010 lors d’une cérémonie de mariage interreligieuse. Ce gestionnaire de hedge funds lança l’année suivante la firme Eaglevale Partners, avec l’appui de l’un des plus grands noms de Wall Street: Lloyd Blankfein, chef exécutif de la banque d’investissement Goldman Sachs.

Dans un communiqué outré, Donald Trump a jugé «ridicules» les accusations d’antisémitisme et dénoncé les «attaques fallacieuses de Hillary Clinton essayant de lier l’étoile de David avec une étoile ordinaire, souvent utilisée par les shérifs qui luttent contre les criminels». Ce qui est exact, si ce n’est que sur l’étoile de shérif, les pointes sont généralement coiffées d’une petite boule. Pour ne pas heurter les sensibilités, le tweet a rapidement été remplacé, samedi déjà, par une image où l’étoile a fait place à un rond rouge.

Néonazis et suprématistes

Cela dit, le site d’information Mic.com a découvert que l’image controversée circulait déjà le 22 juin sur un réseau fréquenté par les néonazis, les antisémites et les suprématistes blancs. D’ailleurs, on voit peut lire en filigrane dans un coin de l’image l’adresse d’un compte Twitter où des messages violents et racistes ont longtemps été publiés… avant sa soudaine disparition.

Pour Jonathan Greenblatt, directeur de la Ligue contre la diffamation (ADL), la campagne de Donald Trump n’hésite pas à laisser circuler des messages subliminaux destinés à l’électorat d’extrême droite. Et ce n’est pas la première fois. En février, il a beaucoup tardé à se dissocier du soutien offert par le politicien raciste David Duke, qui fut un célèbre «grand sorcier» du Ku Klux Klan. Le milliardaire prétendait ne pas le connaître. Par ailleurs, il a refusé de condamner les menaces de mort antisémites lancées contre une journaliste juive qui avait publié un portrait de sa femme, l’ancienne top-modèle slovène Melania Trump.

Les blancs apeurés

A cela s’ajoute l’appel lancé par le trublion républicain à suspendre l’entrée sur le territoire des Etats-Unis des étrangers musulmans (pour cause de terrorisme) et ses diatribes contre les immigrés mexicains (qu’il dit criminels et violeurs). C’est «déconcertant, inquiétant et mal», s’alarme Jonathan Greenblatt. Donald Trump divise l’Amérique, dénonce le camp Clinton. Mais il parle à ceux, parmi les blancs évangéliques, qui se sentent menacés.

(24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Andrés Allemand

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