Confrontée à la crise, Air Algérie veut se transformer



La concurrence pose des problèmes à Air Algérie. « Air Algérie n’a plus le monopole du transport. Il y a 22 compagnies concurrentes sur le sol algérien », a expliqué son PDG Mohamed Abdou Bouderbala, ce dimanche 16 cotobre, sur les ondes de la radio nationale. Pour y faire face, la compagnie a besoin de diversifier son activité et de développer sa présence sur le continent africain.

Réorganiser son activité pour augmenter la compétitivité

Le manque de compétitivité d’Air Algérie est dû, selon son PDG, à un environnement changeant et aux pressions concurrentielles auxquelles s’ajoute la dépréciation de la monnaie nationale. D’après Mohamed Abdou Bouderbala, ce contexte a provoqué une diminution du chiffre d’affaires de la compagnie qui a par ailleurs vu ses dépenses augmenter. Dans ce contexte, le PDG souligne la nécessité de « réorganiser la stratégie de développement » et « d’investir dans le capital humain ».

« Nous avons choisi la logique d’autonomie en créant des filiales », détaille M. Bouderbala, en faisant référence à la nécessité de commercialiser des produits et services annexes. Le catering, filiale déjà opérationnelle, a permis un bénéfice de « 1,3 milliard de dinars en 2015, emploie 525 personnes et produit entre 8000 et 16 000 prestations par jour », détaille le responsable. Mohamed Abdou Bouderbala revient également sur l’ouverture du centre de maintenance, et le développement du fret-cargo dont la filiale devrait voir le jour « d’ici la fin de l’année ».

Air Algérie face à la crise

Avec un chiffre d’affaires de 80 milliards de dinars en 2015 et des charges qui sont presque équivalentes, la compagnie nationale pourrait se tourner vers le financement extérieur.

« La compagnie doit, à 95%, compter sur ses propres moyens », soutient Bouderbala qui concède que les appareils ne seront plus payés en « cash » et que des formules de financement auprès « de sociétés de leasing et financière » sont à l’étude dans le cadre du programme de renouvellement de la flotte. Air Algérie compte actuellement 57 appareils. Elle a annoncé, samedi, un nouveau programme d’acquisition d’une quarantaine d’avions entre 2018 et 2025.

De nouvelles lignes vers l’Afrique et les États-Unis

La compagnie qui couvre 44 destinations à l’international et 29 sur le territoire national a vocation « à assurer le transport des ressortissants algériens », ce qui se « traduit par une politique de prix abordables » notamment sur le réseau domestique où « les prix n’ont pas augmenté depuis 2004 ». Pour l’international, « les tarifs sont un peu plus élevés », indique M. Bouderbala.

En parallèle à la volonté des pouvoirs publics de faire de l’Algérie un hub régional et continental, la compagnie nationale compte aussi se « réapproprier les parts de marché qui existaient déjà » en Afrique. Air Algérie envisagerait ainsi de desservir de nouvelles destinations au Gabon et en Éthiopie. Sur d’autres continents, on évoque de nouvelles lignes vers la Chine et des discussions pour l’ouverture d’une ligne directe vers New-York, aux États-Unis.

L’année dernière, la compagnie a transporté 5,6 millions de passagers. Elle enregistre actuellement un taux de ponctualité moyen de 72%, soit un « gain de 25% entre 2015 et 2016 ».

Source : tsa-algerie.com / Zahra Rahmouni

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