Crash d’EgyptAir: « Un contrôle à 100% des avions est impossible »



Il faut être très honnête: si tous les avions arrivant sur un aéroport international devaient être fouillés par une autorité comme la police, les avions ne partiraient jamais à l’heure et les aéroports seraient absolument congestionnés, reconnaît l’accidentologue au Bureau d’archives des accidents d’avions Ronan Hubert.

Répondant aux questions du Temps sur les causes de la disparition des radars de l’Airbus de la compagnie EgyptAir,  il a signalé: 

« Il n’y a que quelques scénarios possibles, comme la détonation d’un engin explosif, ou un problème de dépressurisation explosive de la cabine suite à la présence de «criques», des fissures sur la carlingue de l’avion: cela s’est vu sur des Boeings en Asie… Si la carlingue se déchire, le cocon qu’est l’avion explose instantanément. L’avion date de 2003, ce n’est pas un vieil avion, mais c’est possible. Enfin il y a aussi l’hypothèse d’un missile, ce qui ne semble pas être le cas ici ».

L’A320 disparu était arrivé à Paris en provenance du Caire, il était aussi passé par Tunis. Avant son redécollage il a subi tout une série de procédures de vérification. L’expert avoue, pourtant, qu’il est impossible de tout vérifier: 

« On ne peut pas procéder à un contrôle complet des avions. On part du principe que l’aéroport est un endroit sécuritaire, une zone aseptisée, toutes les personnes ayant accès au tarmac sont contrôlées — personnel de nettoyage, personnel navigant, équipes de sécurité… Tous les bagages aussi sont contrôlés. Moi-même je travaille à l’aéroport de Genève et je ne peux évidemment pas pénétrer avec un couteau ou une arme. Si une bombe a été placée à bord, cela signifie que quelqu’un a permis à cet objet d’être placé dans l’avion, mais à ce stade, il est impossible de dire si cela aurait été fait au Caire ou à Paris ou ailleurs. S’il y avait connivence, ce serait de la part de plusieurs personnes, pas d’une seule ».

Ronan Hubert a ajouté que toute  la zone de la Méditerranée était couverte par les radars et qu’il n’y avait pas un seul endroit échappant au contrôle. L’équipage devait informer s’il avait la possibilité d’émettre un message, et s’il ne l’a pas fait c’est que cela a été instantané. 

« Dans l’ordre ce qui compte maintenant, c’est de trouver les victimes pour que les familles puissent faire leur deuil, trouver les boites noires qui permettront de comprendre ce qui s’est passé dans le cockpit. Enfin sur cette base il faudra analyser les débris qu’on trouve; quand il y a une bombe, on trouve des traces d’explosif, et quand l’explosif a été déterminé, on regarde ensuite quel groupe ou quel pays l’utilise. Et on pourra déterminer où la bombe a été placée. Ce qui se passe à Roissy est mauvais pour tous les aéroports », a conclu M.Hubert. 

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