Crise interne au RND : un remake



A un mois de son congrès extraordinaire, prévu les 5, 6 et 7 mai prochain, le RND vit une situation de crise interne.

La bataille fait rage au sein de ses organes, notamment au niveau du conseil national dont certains membres, soutenus par anciens députés et des fondateurs, réclament le report des assises de ce congrès. Selon une pétition très médiatisée, les protestataires avancent plusieurs arguments politiques et organiques pour justifier leur revendication.

C’est ainsi qu’ils dénoncent le déroulement des préparatifs du congrès, le choix des délégués et surtout la manière par laquelle le secrétaire général par intérim envisage sa prise du pouvoir au sein du parti, à travers un vote plébiscite des congressistes et la nomination d’un conseil national « dévoyé » et « dévoué » à ses propres causes. L’un des initiateurs de ce mouvement, Amara Hitta, un ancien parlementaire, est plus catégorique quand il pointe du doigt le secrétaire général du parti Ahmed Ouyahia, affirmant que toutes les manigances actuelles, à travers le congrès extraordinaire, consistent à dérouler le tapis rouge au SG intérimaire, pour qu’il soit le candidat officiel du parti lors de la présidentielle de 2019. Dans les milieux politiques, on estime qu’Ouyahia ne peut avoir d’autres soutiens lors de cette échéance, hormis son propre parti, d’où son acharnement à mettre rapidement en branle les structures du RND et surtout à accélérer l’organisation et l’assainissement des bureaux locaux et des instances régionales. En quelques mois, on aura remarqué une forte ébullition au sein de ses instances locales, marquée par des défections, des dénonciations et d’autres démissions. Des échos de militants qui furent promptement étouffés, comme les récentes contestations au niveau de la wilaya de Blida où les cadres du RND avaient dénoncé la nomination d’un coordinateur de wilaya.

Toutefois, on ne connaît pas encore l’ampleur de cette contestation, même si les partisans d’Ouyahia pensent que ces agitations, qui rappellent le mouvement de redressement de 2013 qui a poussé l’actuel chef de cabinet de la Présidence à démissionner, ne pèsent pas lourd dans le processus des préparatifs du congrès extraordinaire.
Pour Ouyahia, ces contestataires cherchent plutôt à se repositionner au sein du parti à un an des législatives de 2017, une échéance qui n’est pas loin, et qui ravive les ambitions et allument les tensions. Car, il est sûr pratiquement que les travaux du congrès vont aborder cette question, ainsi que le renouvellement de la composante humaine du conseil national. C’est cet organe du RND qui va cautionner la future liste des candidats à la députation et surtout valider le candidat du parti à la présidentielle. Tout l’enjeu de ce congrès se situe à ce niveau.

Le plus étonnant dans cette crise larvée, c’est le refus du candidat déclaré au poste de SG, Belkacem Mellah, de rejoindre ce mouvement et surtout de l’encourager. Alors qu’il ne cesse de critiquer la gestion du RND par Ouyahia, Mellah devrait plutôt applaudir les critiques et les accusations des contestataires, d’autant plus qu’ils brandissent presque les mêmes revendications. Aussi bien Mellah que les pétitionnaires, on dénonce l’autoritarisme d’Ouyahia, l’opacité de sa gestion, la centralisation des décisions et surtout sa propension à nommer des « incompétents » et à s’entourer « d’hypocrites ». Mellah veut, dit-il, réhabiliter la fonction du militant au sein du RND et appelle les adversaires à la politique d’Ouyahia à voter pour lui. Rappelons que le RND va tenir ses congrès de wilaya aujourd’hui, alors que les rassemblements régionaux (huit au total) auront lieu le 16 avril. Il est également prévu un congrès pour les cadres et les militants de l’émigration, qui aura lieu probablement la veille de la tenue du congrès, soit le 4 mai prochain à Alger.

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Jeune-independant.net

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