De la mauvaise foi des peuples face à l’histoire



Le terme colonialiste, d’origine anglaise, a été popularisé en Europe par une brochure parue en 1905 sous la signature d’un député socialiste français Paul Louis, à l’occasion de la commémoration de la victoire de Napoléon à Austerlitz contre la coalition austro-prussienne.

Ainsi, l’impérialisme napoléonien va faire jonction avec le colonialisme anglais pour déclencher, en 1830, la conquête de l’Algérie préparée, en réalité, de longue date par les différents pouvoirs qui se sont succédés en France, avant et après la période napoléonienne qui a vu l’Europe dévastée et l’esclavage rétabli dans les Antilles françaises.

Bien avant les « aventures » de Napoléon, il y eut l’impérialisme ibérien (Espagne et Portugal) qui se déclencha en 1492, l’année même de la chute de Grenade et de la fuite de Boabdil. Cela n’est pas un hasard ni une coïncidence; mais une continuité rationnelle et logique. L’Histoire aussi, comme la nature, a horreur du vide et du néant qui durent dans le monde arabo-musulman depuis six siècles.

Tous les peuples et toutes les civilisations ont pratiqué les guerres et les invasions; mais ce qui est fascinant, aujourd’hui, c’est le déni opposé au fait historique par tous les pouvoirs politiques et par tous les peuples qui sont atteints par une cécité historique incurable, apparemment.

Okba ibnou Nafaâ, Tarek Ibnou Ziad et Moussa Ibnou Noussair sont des héros et des saints aux yeux des Arabes et des musulmans.

Napoléon, Bugeaud et Bigeard le sont aux yeux des Français. Guillaume II de Prusse, Louis II de Bavière et d’autres sont toujours très populaires en Allemagne; malgré les dénégations officielles des  pouvoirs en France.

Parce que l’Histoire nous échappe, l’analyse du fait historique n’a pas encore vraiment commencé.

Et le nationalisme continue à faire des ravages partout!

Source : tsa-algerie.com / Rachid Boudjedra

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