Des avantages fiscaux pour les usines de montage



Le gouvernement multiplie ses initiatives dans la réorganisation et la maîtrise du secteur de l’automobile. La loi de finances pour l’année 2017 prévoit, en effet, de nouvelles dispositions incitatives pour le développement d’une industrie d’assemblage et de montage de véhicules.
Le texte qui sera soumis au débat et au vote des députés précise la nature de ces avantages comme étant une «extension du bénéfice de l’avantage fiscal accordé au profit des sociétés de production de véhicules industriels à l’importation de parties accessoires et composants qui font partie des collections destinées aux industries de montage ou celles dites CKD à l’ensemble des sociétés de production activant dans le domaine de l’assemblage et du montage agréés par le ministère de l’Industrie». En plus clair, cette mesure d’exonération de certaines taxes qui alourdissent la facture des importations des différents composants de la voiture réduira, sans aucun doute, les coûts d’assemblage et permettra de fait la réduction des prix de vente au public des véhicules montés localement. Encore faut-il que les concessionnaires jouent le jeu et n’imposent pas leurs grilles tarifaires qui donnent le tournis, comme c’est le cas actuellement pour les véhicules importés.

Réduire les coûts d’assemblage

Il faudra souligner que l’activité d’assemblage telle qu’organisée actuellement ne bénéficie pas d’avantages fiscaux importants et que le coût final du véhicule monté dans le pays serait le même sinon plus élevé que le prix du même modèle importé. Cette situation, rappelons-le, a découragé les derniers pionniers de cette industrie, notamment dans le domaine du camion, qui ont préféré la délocalisation pour les uns vers des pays limitrophes plus encourageants pour les investissements, et pour d’autres, l’abandon pur et simple.
La deuxième disposition contenue dans le projet de la loi de finances 2017 est «le remplacement de l’avantage temporaire applicable actuellement à compter du premier janvier 2015 pour une durée de 3 ans par un avantage permanent». Une mesure qui ne peut que faire saliver de bonheur les futurs investisseurs dans le secteur qui voient ainsi ces avantages fiscaux, précédemment à durée limitée, se transformer en faveur pérenne.
Notons, par ailleurs, que le secteur de l’automobile en Algérie connaît une profonde restructuration initiée il y a de cela trois années avec la promulgation d’un cahier des charges réglementant les procédures d’importation et imposant des critères de sécurité pour les véhicules importés et la nécessité pour les concessionnaires de se lancer dans l’activité d’assemblage ou de fabrication de la pièce de rechange. Il est suivi, à la fin de l’année 2015, par l’instauration des licences d’importation et la réduction drastique du volume et du coût des importations de voitures, qui passe ainsi de près de 300 000 unités en 2015 à à peine 83 000 en 2016, soit une baisse de plus de -60%. Une situation qui a engendré une détérioration accélérée du secteur avec son lot de dépôts de bilan, de plans de redressement et de compressions des effectifs.

La redistribution se précise
Au même moment, l’on assiste à une redistribution des marques et l’avènement de nouveaux acteurs qui semblent à l’évidence jouir des faveurs des premiers responsables du secteur de l’industrie, dont certains bénéficieront de quotas exceptionnels d’importation en flagrante violation des dispositions mêmes de la loi instaurant les licences d’importation.
Cette opération d’assainissement ne se limitera pas aux seules importations mais s’étendra également aux projets d’investissement dans le secteur, car il convient de signaler qu’un grand nombre de concessionnaires se préparaient, à travers des projets ficelés et des études finalisées, à se conformer aux exigences des pouvoirs publics en se lançant dans l’industrialisation. On dénombrait une vingtaine de projets d’assemblage pour autant de marques. Certains ont même obtenu le quitus des autorités mais qui attendent toujours l’agrément pour le début de la réalisation.
Le ministère de l’Industrie aurait, entre-temps, limité l’accès à l’activité d’assemblage à quelques marques seulement, une dizaine, selon des indiscrétions.
Pour les autres, l’option de la fabrication de la pièce de rechange ou autres accessoires semble être la seule garantie pour préserver leur présence dans le secteur. On assiste, ainsi, à la naissance de conglomérats de montage de plusieurs marques à la fois avec un plan de charge et des délais qui se situent aux antipodes mêmes des processus universels de l’industrie automobile.
Les nouvelles dispositions de la loi de finances ne manqueront pas, en tout état de cause, d’apporter des facilitations supplémentaires aux heureux investisseurs retenus dans la démarche d’industrialisation du secteur de l’automobile en Algérie.

Lesoirdalgerie.com

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