Des proches des Le Pen mis en cause



«Panama Papers»Selon «Le Monde», l’entourage de la présidente et de l’ancien président du Front national français a monté des sociétés offshore.

Le directeur du Monde l’avait annoncé: le quotidien du soir, qui participe à l’opération Panama Papers, allait révéler mardi le nom d’un «grand parti politique français impliqué». Outre-Jura, les soupçons ont très rapidement pointé le Front national (FN). La confirmation est tombée mardi matin.
Peu après 9 h, Le Monde mettait en ligne sur son site Internet un premier article assurant que des proches de Marine Le Pen, l’actuelle présidente du FN, avaient monté un «système offshore sophistiqué» entre «Hongkong, Singapour, les îles Vierges britanniques et le Panama». Une structure qui «a été utilisée pour sortir de l’argent de France, au moyen de sociétés-écrans et de fausses factures, avec la volonté d’échapper aux services antiblanchiment français».

Un majordome et Bonnant

Un deuxième article, intitulé «Panama Papers: sur la piste du trésor de Jean-Marie Le Pen», explique, lui, que l’ancien président et fondateur du FN, père de Marine, avait de son côté monté une société offshore en se servant de son majordome et homme de confiance, Gérald Gérin, comme prête-nom. Cette firme, nommée Balerton Marketing Limited et dont le représentant légal était l’avocat genevois Marc Bonnant, a servi selon Le Monde à «dissimuler une partie de la fortune» de Jean-Marie Le Pen «sous la forme de billets (97’000 euros), de titres (pour l’équivalent de 854’000 euros), de lingots d’or (26) et autres pièces d’or».

Gérald Gérin a reconnu devant les journalistes français être l’ayant droit du trust Balerton Marketing Limited. Mais «non», a-t-il assuré, cet argent «n’a rien à voir avec Jean-Marie Le Pen».

D’après l’enquête du Monde, qui s’appuie sur des documents provenant du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, au centre du «système» élaboré par les proches de Marine Le Pen, on retrouve l’hom­me d’affaires Frédéric Chatillon. Son entreprise Riwal est devenue le principal prestataire du FN pour la communication lors des campagnes électorales et, en 2012, son prestataire exclusif. Cet ancien dirigeant du Groupe union défense (GUD), groupuscule étudiant d’extrême droite, est déjà mis en examen par la justice hexagonale dans l’enquête sur le financement des campagnes 2012 du Front national.

L’homme d’affaires avait anticipé les révélations du Monde lundi soir, en assurant sur sa page Facebook avoir mis à disposition des journalistes du quotidien «les documents prouvant la parfaite légalité de ces opérations», qu’il qualifie «d’investissements réalisés en Asie». Le numéro deux du FN, Florian Philippot, a considéré hier que les articles du quotidien français sont diffamatoires et a répété à de nombreux médias que «ni le Front national ni Marine Le Pen ne sont impliqués» dans cette affaire.

Banques pointées du doigt

Les investigations du Monde ont aussi mis en lumière que la Société Générale est une des cinq banques ayant le plus eu recours à Mossack Fonseca pour créer des sociétés offshore, avec un total de 979 entités, derrière HSBC (2300), Credit Suisse (1105) et UBS (1100). La banque française avait pris les devants lundi en affirmant dans un communiqué ne détenir depuis 2012 plus aucune implantation dans les Etats et territoires non coopératifs. Hier, elle a affirmé que «quelques dizaines» de ces entités créées pour ses clients étaient encore actives et qu’elles étaient gérées de façon «totalement transparente». (24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Gustavo Kuhn

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