Des réfugiés occupent une cathédrale en Allemagne



Revendiquant un titre de séjour et dénonçant la classification des pays comme la Serbie, l’Albanie, la Macédoine ou la Bosnie-Herzégovine parmi les « pays sûrs », un groupe de réfugiés menacés d’expulsion a occupé la cathédrale de Ratisbonne, en Bavière.

Début juillet, une cinquantaine de réfugiés, essentiellement des Roms originaires des Balkans et menacés d’expulsion, ont demandé asile à la cathédrale de la ville allemande de Ratisbonne, en Bavière. Un hébergement leur a été proposé dans une salle paroissiale, puis dans la maison du curé. 

Les réfugiés ont revendiqué un titre de séjour et dénoncé le fait que des pays comme la Serbie, l’Albanie, la Macédoine ou la Bosnie-Herzégovine, où les Roms subissent discriminations et violences racistes, soient considérés comme des « pays sûrs ». 

« Quoi qu’il en soit, nous ne sommes pas placés pour régler les problèmes politiques », a déclaré à Sputnik le porte-parole de l’évêché Ratisbonne, Jakob Schötz. 

Et d’ajouter que les politiciens allemands n’y réagissaient aucunement.  

En effet, l’administration de la ville a fait remarquer à l’agence que ces réfugiés n’étaient pas enregistrés à Ratisbonne (Regensburg en allemand), alors que la maison du curé était une propriété privée. 

L’Eglise catholique de Ratisbonne a toutefois accordé l’asile religieux à ces réfugiés, pratique encore répandue en Bavière, et protège donc les migrants de l’expulsion. Mais, ceux-ci s’y sont installés et leur nourriture et leur approvisionnement en médicaments est à la charge de l’église. Une situation qu’il va falloir régler au plus vite. 

Une autre difficulté devra être surmontée: les réfugiés se sont enfermés dans l’église et refusent de quitter les lieux, menaçant de se mettre en grève de la faim. Une migrante a même déclaré devant les journalistes qu’elle ne partirait de la cathédrale qu’en cercueil. Un autre protestataire a prévenu que si la police tentait de les expulser, il s’immolerait par le feu et brûlera vive sa fille en bas âge. Par ailleurs, il a prévenu le personnel de l’église que certains membres du groupe pensent à se suicider. 

La tension ne cesse de monter. Plusieurs véhicules de police sont sur place, mais les agents ne peuvent pas agir tant qu’il n’y a pas de plainte de la part de la paroisse. Des négociations avec les réfugiés retranchés dans l’église ont commencé, comme s’il s’agissait d’une prise d’otages. Une cellule de crise qui associe des représentants de l’église, de la police et du service de sécurité de la ville se réunit presque quotidiennement. 

Une libération de la cathédrale par la force n’est pas à exclure, mais, vu l’importante couverture de cet incident dans les médias, ses conséquences pourraient s’avérer désastreuses pour l’image de l’Eglise catholique.

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