Des SUV encore et toujours… Jusqu’à quand ?



Le salon automobile de Genève doit accueillir un cortège de nouveaux SUV. Si la tendance est connue depuis longtemps, ce salon pourrait toutefois être un tournant avec l’arrivée de nouveaux entrants sur un segment pourtant déjà encombré. Les marques de luxe ont décidé d’entrer en scène sur ce segment où elles étaient restées à l’écart jusqu’ici…


Les années passent, et le SUV est devenu un véritable marronnier de la presse automobile. À chaque salon, de nouveaux modèles sont dévoilés, de nouveaux concepts également, et de nouvelles frontières sont défrichées. Le salon de Genève non seulement ne fera pas exception à la règle, mais mieux encore, il devrait être un nouveau point d’étape pour le segment le plus dynamique de l’industrie automobile.

Le monospace est mort, vive le SUV

En 2015, ils représentaient quasiment 26% du marché automobile français. Les SUV ont tout ravagé sur leur passage confinant les monospaces de tout poil à des volumes quasi confidentiels : 1% pour les gros monospaces (type Espace), et 9% pour les monospaces compacts (type Scenic). Et comme l’industrie automobile est un secteur où c’est essentiellement l’offre qui fait la demande, ce fossé risque de se creuser puisque l’offre de monospaces va continuer à décroître tandis que celle des SUV va encore augmenter. Les constructeurs ne s’épuisent d’ailleurs plus sur le segment des monospaces.Renault a repositionné son Espace, mère des monospaces, sur la catégorie « crossover », et son nouveau Scenic doit prendre une silhouette similaire tout en rehaussant la garde au sol pour mieux coller au concept. Du côté de PSA, le sujet n’a pas été tranché, mais l’avenir du C4 Picasso, ex-numéro un européen des monospaces compacts, pourrait suivre le même exemple que ses compatriotes, mais néanmoins rivales.

« Il n’y a pas de raisons de voir ce marché cesser de croître, il n’est pas impossible de le voir représenter le quart du marché européen », prédit Hadi Zablit, directeur associé au Boston Consulting Group (BCG) et spécialiste de l’automobile.

« C’est un marché devenu très concurrentiel, mais il y a encore de la place pour les ‘later movers’, avertit François Jaumain spécialiste automobile chez PwC Autofacts.

Alfa Roméo et Seat dans les starting-blocks

Et les constructeurs semblent penser pareil puisque, malgré l’encombrement du segment, de nombreuses nouveautés sont attendues, notamment par des marques qui ne se sont jamais aventurées dans ce domaine. Alfa Roméo a annoncé un SUV pour cette année, Seat a déjà levé le voile sur l’Ateca. Les best-sellers ont également rendez-vous à Genève (ou au Mondial de Paris en septembre) pour des liftings ou de nouvelles carrosseries. Peugeot mise ainsi beaucoup sur son nouveau 3008, gros succès de la marque au lion, qui sera accompagné d’un restylage de la 2008, ce SUV de segment B très bien vendu, aussi bien en Europe qu’en Chine.

Côté Volkswagen, on attend enfin la riposte au 2008, RenaultCaptur et autres Nissan Juke, sans oublier l’Opel Mokka. Le groupe allemand, premier constructeur automobile européen et deuxième au monde, est étrangement resté à l’écart de la gamme des SUV de segment B (ou B-SUV) laissant ses concurrents non seulement prospérer, mais également s’imposer comme des références. Ainsi, le Captur de Renaultne se contente pas d’être leader de sa catégorie, il a été la quatrième voiture la plus vendue en France tous segments confondus, une première pour un SUV. Et pourtant, à Genève,Volkswagen ne dévoilera guère qu’un concept préfigurant le modèle définitif. Cela laisse un répit supplémentaire d’une bonne année au Captur et au 2008.

Le groupe Volkswagen fourbit ses armes

Car le SUV très compact de Volkswagen ne viendra pas seul:Audi dégainera avec un Q2, tandis que Seat a d’ores et déjà annoncé que l’Ateca ne sera pas sa seule offensive dans les SUV, et qu’un B-SUV était en cours de conception. Difficile d’imaginer que Skoda ne soit pas aussi de la partie. Dès lors, la bataille s’annonce rude, et les dés sont loin d’être jetés car, si les SUV étaient autrefois l’apanage des marques de 4X4, cette époque est révolue, et tout le monde a le droit d’en faire partie. Il suffit de voir le succès de la Fiat 500X.

    | Lire aussi :  Face au Captur et au 2008, Volkswagen et Fiat prêts à la riposte

Le SUV, pour garder ses clients

En réalité, pour les marques automobiles, le SUV n’est pas un bonus qui permet de réaliser de belles ventes ou de capitaliser sur de l’image, c’est devenu une obligation stratégique.

« Toutes les marques doivent être capables de proposer dans leur show-room un SUV. Ce qui est en jeu pour elles, c’est de ne pas laisser filer les clients qui ne veulent plus de leurs monospaces », nous explique un analyste du secteur.

Maserati, Jaguar, Rolls Royce… les marques de luxe franchissent le pas

Cette vérité est telle que plus aucune marque ne veut rester à l’écart de ce mouvement. Et le salon de Genève pourrait être un tournant dans l’histoire du SUV avec l’arrivée en troupeau des grandes marques de luxe. Maserati va montrer pour la première fois son Levante, Jaguar pourrait lever le voile sur F-Pace. Aston Martin pourrait en montrer davantage sur ses projets, un an après avoir présenté son concept-car baptisé DBX. Bentley devrait mettre au centre des projecteurs le Bentayga. Tandis qu’on attend également Rolls Royce etLamborghini avec des modèles intéressants. Land Rover, grand spécialiste des SUV s’il en est, va également marquer le salon à sa manière en dévoilant le premier SUV cabriolet en Europe.

     | Lire aussi : Pourquoi l’ultra-luxe automobile se lance dans la mode des SUV

Mais, pour Josselin Chabert, analyste chez PwC Autofact, le SUV est autrement plus stratégique.

Les SUV permettent de proposer des modèles que l’on peut exporter dans le monde entier, c’est l’un des rares segments qui permet cela », analyse-t-il. « Néanmoins, le produit doit être bien calibré pour qu’il trouve sa place », poursuit-il.

Il faut ainsi se souvenir des échecs retentissants des premiers SUV français : le Peugeot 4008 et le premier Citroën C4 Aircross, ou encore le Renault Koleos.

« Le Koleos était comparé au Qashqaï, ce dernier offrait une version entrée de gamme nettement moins chère, il y avait à l’époque un réel problème de positionnement corrigé maintenant avec le Kadjar », résume Hadi Zablit du BCG.

Une voiture mondiale

Partout, le SUV s’est imposé : aux États-Unis, en Chine… Dans l’ex-Empire du Milieu, c’est le segment le plus dynamique. Impossible d’être présent sur le premier marché automobile chinois sans un SUV. Citroën espère d’ailleurs se relancer sur ce marché avec le CXR, un petit SUV, et faire le ménage dans les tricorps de sa gamme, trop nombreux et peu différenciant.

Mais Peugeot, lui, y vend son 2008 qu’il vend déjà en Europe, non sans succès. Renault vient de lancer son Kadjar. La marque au losange sait ô combien les SUV sont exportables sur tous les continents avec le Duster, vendu aussi bien en Europe qu’en Amérique Latine et même en Inde. Une véritable martingale donc pour les constructeurs qui économisent autant de frais de développement, et qui, finalement, ne regrettent pas les monospaces qui n’ont jamais été vendus ailleurs qu’en Europe…

Des SUV encore et toujours… Jusqu’à quand ?

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Source : tsa-algerie.com / Nabil Bourassi / En partenariat avec La Tribune.fr

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