Djelloul Sahli, redonne une seconde vie aux arbres morts



Atypique ! Voilà ce qui définit le mieux Djelloul Sahli. Un artiste atypique qui a décidé depuis longtemps de donner une seconde vie aux arbres morts.

©TSA | Djelloul Sahli, redonne une seconde vie aux arbres morts
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Djelloul a 58 ans et un très long parcours de baroudeur. « L’Algérie, je la connais de fond en comble, notamment Tamanrasset. Et puis je suis allé à l’étranger aussi. Mais depuis toujours mon point de chute, c’est mon lieu de naissance : Tipaza », confie-t-il.

Aux ruines romaines précisément. D’ailleurs, il est impossible de le rater. C’est qu’il a une dégaine particulière.  Certain, le compare au père noël, d’autre à un hippie, genre année 1970, ou encore il lui manquerait juste une Harley Davidson avant de  foncer les cheveux aux quatre vents, droit sur la route 66.

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Djelloul Sahli est peu loquace et très modeste. À la limite de la timidité. Pour lui, «  tout est dit dans les formes que prennent les arbres morts à qui (il) donne une seconde chance ».  D’ailleurs, à chaque fois,  revient le même mot dans ses  phrases : «  C’est une question d’inspiration, vous comprenez. Et quand celle-ci se pointe, je laisse tout tomber et je me mets à la recherche d’un arbre mort ». Et des arbres morts passés entre ses mains, il y en a pas mal à Tipaza et « ailleurs aussi » nous précise-t-il.

À la base, il était ébéniste. « En 1974, j’ai commencé à travailler en tant qu’ébéniste dans un atelier. Depuis j’ai eu pas mal de petits boulots cependant, du travail du bois, je ne m’en suis jamais réellement éloigné ». Le premier arbre mort qu’il a façonné, Djelloul ne s’en souvient pas vraiment. « Je ne sais pas mais je pense que c’est celui qui se trouve du côté de la basilique, dans les ruines », indique-t-il.

Ses outils ! Des ciseaux, une hache,… qu’il a parfois du mal à trouver de bonne qualité en Algérie. Mais cela ne l’empêche pas de donner libre cours à son inspiration du moment.

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Djelloul ne se présente pas comme un artiste mais juste un homme qui vit pleinement de ce qu’il aime. La nature, d’abord. Ensuite le fait de contribuer à faire du beau à partir du sans vie. « Je contribue à ma façon au développement durable. Et puis les gens me félicitent à chaque fois et c’est d’ailleurs grâce à ça, que je vis », assure Djelloul. Des pièces et du bon vouloir des touristes en particulier pendant le week-end et les jours fériés. « Ils adorent se prendre en photos avec les arbres. Ils me disent à chaque fois bravo et pour les plus généreux, ce sont des pièces qui tombent dans la coupelle ».

Djelloul Sahli, n’a rien demandé de particulier aux autorités des ruines ou encore des services de la mairie à part peut-être le droit de pouvoir continuer à faire ce qu’il fait depuis des années.

« Je crois être le seul à transformer des arbres morts avec des racines. « Mes totems ne sont pas à l’image de ceux du Pérou. Ils sont algériens. Je travaille sur du bois qui a encore ses racines dans la terre. Je sais qu’il y a beaucoup de gens qui font des totems en Algérie, à la différence que ce sont des pièces. Pas des arbres », explique-t-il.


Djelloul Sahli redonne vie à des arbres morts par algerie-tsa

Source : tsa-algerie.com / Samira Hadj Amar

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