Donald Trump en guerre contre son propre camp



Etats-Unis En s’en prenant encore au président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, le candidat républicain met son parti en danger.

Donald Trump a déclaré mardi la guerre à son propre parti dans une série de tweets, dans laquelle il affirme s’être affranchi des «chaînes» républicaines et il promet de se «battre pour l’Amérique» à sa manière. Le candidat à la Maison-Blanche en chute libre dans les sondages depuis la publication de ses propos sexistes vendredi, a vivement critiqué Paul Ryan, qui l’a abandonné lundi. Il a accusé le président républicain de la Chambre des représentants, d’être «très faible et inefficace». Et il a assuré que les élus républicains avaient été rendus «fous» lundi par la «trahison» de leur leader. Le promoteur immobilier s’en est ensuite pris à son parti dans un autre tweet: «A l’exception d’avoir volé l’investiture à Bernie Sanders (ndlr: le rival de Hillary Clinton lors des primaires démocrates), les démocrates sont bien plus loyaux que les républicains».

Au bord du naufrage

A moins d’un mois des élections présidentielle et législatives du 8 novembre, le parti républicain offre le spectacle d’un parti divisé, au bord d’un naufrage collectif qui pourrait non seulement lui coûter la Maison-Blanche, mais aussi le contrôle du Congrès. En lâchant Donald Trump, Paul Ryan a techniquement concédé la Maison-Blanche à la démocrate Hillary Clinton. Cette décision qui a provoqué la fureur de l’aile populiste pro-Trump au sein du parti républicain, traduit la crainte des conservateurs de perdre leur majorité dans les deux chambres du Congrès.

Ce scénario était peu probable il y a encore quelques jours. Mais les propos de Donald Trump qui s’était vanté en 2005 de pouvoir agripper les femmes par leur partie intime en raison de sa célébrité, ont changé la donne. Un sondage NBC/Wall Street Journal publié lundi, trois jours après les révélations de ces commentaires par le Washington Post, donne un avantage de 14 points à Hillary Clinton.

Au Sénat, la ténue majorité des républicains était déjà en péril avant les propos incendiaires de Trump. A la Chambre des Représentants, les conservateurs pensaient en revanche pouvoir défendre leur majorité de 59 sièges avant ce nouveau scandale. Les républicains redoutent désormais de nouvelles révélations sur Trump et craignent que ce dernier ne fasse plonger de nombreux parlementaires avec lui.

Confiance démocrate

Le camp Clinton ne cache plus sa confiance. Le psychodrame républicain se déroule alors que les électeurs peuvent déjà voter dans 17 Etats. En Caroline du Nord, un Etat clé, les démocrates ont demandé plus de bulletins de vote par correspondance qu’en 2012 alors que les républicains en ont demandé moins. En Floride, les démocrates ont enregistré des hausses de 50% des demandes dans certaines circonscriptions de la région de Miami et d’Orlando.

Hillary Clinton a lancé une offensive cette semaine pour inciter les gens à voter par correspondance. La candidate démocrate a été accueillie par 18 500 personnes lundi soir dans l’Ohio, un record pour elle. Elle a fait campagne mardi à Miami avec Al Gore, le populaire ancien vice-président de Bill Clinton. Barack Obama s’est rendu en Caroline du Nord pour Hillary Clinton mardi alors que Michelle Obama est attendue jeudi dans le New Hampshire, un autre Etat clé. «Nous avons une armée de volontaires sur le terrain pour inciter les électeurs à voter avant le 8 novembre», déclare Joel Benenson, le stratège de la campagne de Hillary Clinton. «Nous sommes confiants des résultats obtenus à ce jour.»

(24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Jean-Cosme Delaloye

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