Douleur et colère en Italie après le drame ferroviaire



Collision frontale Pourquoi deux trains se sont-ils percutés dans les Pouilles, faisant au moins 22 morts? La catastrophe est encore inexpliquée.

L’Italie est sous le choc, partagée entre la douleur et la colère après la collision frontale entre deux trains qui s’est produite dans les Pouilles ce mardi matin à 11 h 30. En soirée, on dénombrait au moins 22 morts et 43 blessés, dont trois ou quatre dans un état critique, annonçait sur SkyTG24 le commandant de la police ferroviaire de cette région, Giancarlo Conticchio. Mais le quotidien La Repubblica avançait de son côté un bilan d’au moins 23 morts et 50 blessés, dont de nombreux grièvement. Des chiffres susceptibles de prendre encore l’ascenseur. Les deux convois comptaient chacun quatre voitures, possiblement bondées.

Les premiers témoins ont décrit une scène d’apocalypse. «C’est un désastre comme si un avion s’était écrasé», se désole sur Facebook Massimo Mazzilli, maire de Corato, localité toute proche. Il n’est pas seul à être bouleversé. «Quand je suis arrivée sur les lieux j’ai eu envie de vomir. Ce trajet est surtout emprunté par des jeunes, des étudiants de l’Université de Bari, il assure la liaison entre les petites villes et l’université», déclare sur Rai News 24 la journaliste Lucia Olivieri, qui travaille pour AndriaLive.it, un site d’informations locales.

«Une scène effrayante, hallucinante. J’ai vu des personnes mortes, d’autres qui demandaient de l’aide et d’autres qui pleuraient, la scène la plus terrible de ma vie», a témoigné un policier secouriste sur le site du quotidien La Repubblica.

Enfant désencastré vivant

Les autorités locales ont lancé un appel aux donneurs de sang. Les hôpitaux ont rappelé les médecins et infirmières qui se trouvaient au repos, annulant toutes les opérations non urgentes.

Sur les lieux de la catastrophe, près de 200 secouristes s’activaient pour tenter de sauver des survivants, dans une température frisant les 40 °C. Des dizaines de véhicules de secours, des ambulances, des forces de l’ordre, des hélicoptères et des pompiers se sont rendus sur les lieux de l’accident, selon des images diffusées par les télévisions. Une grue a aussitôt été montée pour tenter de dégager les tonnes de ferraille et désincarcérer d’éventuels survivants. Un enfant a pu être extrait vivant de l’amas de tôle des wagons de tête, puis transporté à l’hôpital en hélicoptère.

Un tronçon à voie unique

Comment expliquer un tel drame? Les deux trains se trouvaient certes sur un des rares tronçons où il n’y a pas de double voie. Mais quelque 200 convois circulent chaque jour sur cette voie unique, sans incident.

Selon La Repubblica, 120 accidents ferroviaires ont tué 74 personnes et en ont blessé 256 depuis 2009 en Italie. Le dernier accident ferroviaire remonte au 24 novembre 2012 lorsqu’un train régional en Calabre est entré en collision avec une voiture, faisant six morts. Deux ans auparavant, le déraillement d’un train de voyageurs suite à un glissement de terrain près de Merano (nord) avait fait neuf morts et 28 blessés.

(24 heures)

Source : www.24heures.ch / Par Andrés Allemand

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