Doutes sur le sort du chef terroriste Mokhtar Belmokhtar



Les États-Unis pensaient l’avoir éliminé lors d’un bombardement de l’aviation américaine en Libye le 14 juin 2015. Les chefs militaires américains en doutent désormais. C’est ce que révèle le quotidien américain The Washington Post, ce mercredi 17 février sur son site internet.

Belmokhtar, « même pas mort » ?

Mokhtar Belmokhtar aura tout fait pour mériter son surnom, « l’insaisissable ». Le dirigeant du groupe terroriste « les signataires par le sang », un temps dissident d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), puis rallié à l’organisation terroriste de « l’État islamique » (EI), a réussi, depuis une douzaine d’années, à éviter la mort ou la capture, rappelle le quotidien américain.

Pourtant, égrenant ses nombreux alias comme « le borgne », « Monsieur Marlboro », le Washington Post explique que les chefs militaires américains avaient la certitude de l’avoir éliminé le 14 juin dernier. Ils en sont désormais moins sûrs de leurs informations : les dirigeants du commandement des opérations spéciales sont, en réalité, divisés sur l’issue de l’opération, indique la même source.

« Nous avons tenté le coup, mais nous ne sommes pas sûrs de sa disparition », confie un responsable militaire américain ayant requis l’anonymat. C’est cette hésitation qui empêche, pour l’instant, l’administration américaine de crier victoire, selon Le Washington Post.

Le cerveau de l’attaque contre le complexe gazier de Tiguentourine en 2013, rappelle le quotidien, est poursuivi aux États-Unis pour avoir causé la mort de 3 citoyens américains lors de cette prise d’otage massive. C’est depuis cet événement que le chef terroriste a été placé en tête de liste des services américains des personnes à éliminer.

L’incertitude sur le sort de Belmokhtar vient alimenter le mystère qui plane autour de ce « militant légendaire », selon les termes du Washington Post. Le quotidien rappelle également que ce chef terroriste s’est d’abord rendu célèbre à travers les kidnappings-contre-rançon de ressortissants étrangers dans la bande sahélienne et le trafic de cigarettes dans la région.

Les dessous de l’opération

Une traque qui participe d’un « effort international long d’une année » pour retrouver Belmokhtar, révèle le Washington Post. L’élimination de ce chef terroriste, considéré comme « irremplaçable », aurait porté un coup dur à l’organisation terroriste dans la région, indique le quotidien. Il était d’ailleurs dans le viseur des forces américaines au Nord du Mali en 2003, mais l’opération a été annulée de peur des retombées politiques qu’aurait provoquées un raid aérien dans le pays.

C’est finalement en Libye que l’occasion s’est présentée. Réputé pour leur habilité à se camoufler et à passer inaperçus, notamment grâce à leur discipline à éviter d’utiliser tout moyen de télécommunication, le groupe de Belmokhtar aurait commis une erreur, explique le quotidien américain. Mis en alerte depuis quelques jours, les services américains pensaient avoir localisé Belmokhtar dans une « ferme poussiéreuse » en dehors d’Ajdabiya, dans l’est de la Libye, indique Le Washington Post.

C’est alors que deux avions F-15 américains ont largué plusieurs bombes de 225 kilogrammes, « pulvérisant » la maison dans laquelle s’était regroupés des « militants » pour une rencontre et tuant « au moins cinq » terroristes, poursuit la même source. Seulement, huit mois plus tard, il n’y a aucune confirmation de la mort de Belmokhtar et le débat fait rage entre les dirigeants militaires américains.

De plus, l’on attribue plusieurs « attaques sanglantes depuis l’automne », au groupe du chef terroriste algérien, ce qui tend à indiquer qu’il serait encore en vie, toujours selon le quotidien. Cette incertitude est la raison pour laquelle l’administration américaine n’a, pour l’instant, pas « crier victoire »

Source : Tewfik Abdelbari

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