Échauffourées lors de la manifestation des lycéens



FranceDes dizaines de milliers de salariés et étudiants ont battu le pavé jeudi à Paris, Nantes et Rennes pour réclamer le retrait de la loi travail, jugée trop libérale.

«Touche pas à mon code»: en fin de matinée, les premiers défilés rassemblaient déjà de nombreux manifestants: selon la police, ils étaient 20’000 à Toulouse, 5500 à Saint-Nazaire, 6000 à Rouen, 7000 à Grenoble, 5000 à Clermont-Ferrand…

De premiers incidents ont éclaté en marge de certains cortèges, à Rennes et Nantes notamment, opposant des jeunes aux forces de l’ordre. A Paris, plus d’un millier de lycéens ont commencé à défiler en fin de matinée dans une ambiance tendue, certains lançant des projectiles sur les forces de l’ordre, qui ont chargé et interpellé une dizaine de personnes, a constaté un journaliste de l’AFP.

Visages masqués

Scandant «Lycéens, étudiants, chômeurs et salaries, c’est tous ensemble qu’il faut lutter» ou «tous ensemble tous ensemble grève générale», les manifestants, dont certains avaient le visage masqué, sont partis de la place de la Nation pour rejoindre la place d’Italie, où doit commencer la manifestation contre la loi Travail en début d’après-midi.

Dès le début de la manifestation, qui rassemblait environ 1’000 lycéens en début de manifestation selon la préfecture de police, quelques militants ont grimpé sur des voitures immobilisées sur la chaussée. Le cortège s’est arrêté à plusieurs reprises et des groupes de quelques dizaines de personnes au visage masqué ont lancé des pierres, des pétards, ou des bâtons sur les forces de l’ordre, recouvrant certains de peinture jaune.

Les forces de l’ordre sont intervenues à plusieurs reprises, se ruant sur les manifestants et faisant fuir les assaillants les plus remontés, qui revenaient à la charge un peu plus tard.

Nouvelles mobilisations prévues

Le cortège parisien doit s’ébranler à 13h30 pour se diriger vers la Nation, avec Philippe Martinez (CGT), Bernadette Groison (FSU), Jean-Claude Mailly (FO) et William Martinet (Unef) à sa tête. Des députés écologistes ont prévu de participer à la journée d’action, dont l’ancienne ministre Cécile Duflot et Noël Mamère.

Des militants de la CFDT et de la CFE-CGC défileront aussi pour réclamer le retrait «pur et simple» du projet, à contre-courant de leurs centrales respectives.

Lors de la précédente mobilisation similaire, le 9 mars, plus de 200’000 personnes avaient défilé, selon la police (450’000 selon les organisateurs). D’ores et déjà, de nouvelles mobilisations sont envisagées pour réclamer le retrait de cette loi, les 5 et 9 avril.

Devant la gare de Lyon

Des échauffourées ont eu lieu en particulier devant la gare de Lyon et au niveau du Pont d’Austerlitz. Des abribus ont été cassés, des vitrines endommagées et du mobilier urbain arraché sur le passage des manifestants, tandis que des commerçants baissaient leurs rideaux pour éviter les dégradations.

«Il s’agit d’individus gantés et cagoulés qui viennent se mêler aux manifestants», a-t-on précisé à la préfecture de police. A la mi-journée, une dizaine de personnes avaient été interpellé en marge du cortège à Paris et en proche banlieue pour des jets de projectiles, selon elle.

«Le gouvernement nous emmerde (et c’est réciproque)», «Jeunes et insurgés, le monde est à nous», pouvait-on lire sur des banderoles.

A Nantes et Rennes

Des heurts ont également opposé certains manifestants aux forces de l’ordre à Nantes et Rennes, occasionnant des répliques de gaz lacrymogène, jeudi dès la mi-journée dans le cadre de la mobilisation contre la loi travail, ont constaté les journalistes de l’AFP. La CGT estimait le cortège à 30’000 à Nantes, tandis que la préfecture l’estimait à 12.000. A Rennes, seule la CGT donnait un chiffre, celui de 10.000 manifestants.

A Nantes, des lancers de projectiles ont eu lieu peu avant 11h et des heurts peu avant 12h00, place Graslin, la place de l’opéra.

Plusieurs dizaines de jeunes, le visage dissimulé, ont lancé divers projectiles (cailloux, bouteilles en verre …), les forces de l’ordre répliquant avec des gaz lacrymogènes. Un hélicoptère survolait sans discontinuer le centre-ville. Les jeunes, en tête de cortège, ont tenté de se replier avant de poursuivre le défilé, l’une criant «CRS avec nous, des câlins et des bisous».

«On reste calme!»

Devant les deux banderoles de tête, qui proclamaient «Les travailleurs-euses de demain disent stop» et «Loi travail – Précarité à perpétuité», de nombreux gilets jaunes, membres du service d’ordre lycéen, lançaient des: «On reste calme!» et invitaient à «rester derrière les banderoles» pour «éviter la casse».

Mais une fois le cortège arrivé devant le CHU de Nantes où devaient avoir lieu les prises de parole, plusieurs centaines de jeunes, parfois cagoulés, munis de projectiles divers, ont quitté la manifestation syndicale pour se diriger vers la gare, particulièrement gardées par les forces de l’ordre.

Des projectiles, notamment des cailloux ramassés dans les parcs ou sur les voies de tramway, ont alors été lancés par ces manifestants, alors qu’à l’inverse, l’ambiance demeurait très calme là où était resté le gros de la manifestation syndicale.

Opération baptisée «Nuit debout»

A Rennes, peu après le début de la manifestation à 11h, le groupe d’étudiants et de lycéens qui menait le défilé est allé directement à l’affrontement contre les forces de l’ordre, bloquant l’accès à l’hyper-centre de la capitale bretonne, a constaté un journaliste de l’AFP. Aux jets de canettes et de cailloux, les forces de l’ordre ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes. Les jeunes ont alors reflué un peu plus loin.

Puis, vers midi, des manifestants s’en sont de nouveau pris aux forces de l’ordre qui bloquent l’accès à la place du Parlement de Bretagne qu’ils veulent occuper pour y passer la nuit dans le cadre de l’opération baptisée «Nuit debout» prévue dans une vingtaine de villes en France.

Des pierres et des canettes ont été jetées sur les forces de l’ordre qui ont à nouveau fait usage de gaz lacrymogènes.

La scène s’est répétée à plusieurs reprises sur plusieurs rues d’accès à l’hypercentre rennais.

(afp/nxp)

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