Emprunt obligataire: Les Algériens de France dénoncent une opération de racolage



Des représentants de la diaspora ne comprennent pas que l’État leur demande de mettre la main à la poche alors qu’il a auparavant concocté une Constitution qui les excluait de la sphère de décision politique.

Les Algériens de France refusent de servir de vaches à lait uniquement. Leur mise à contribution dans l’opération de l’emprunt obligataire lancée par l’État en avril dernier les offusque. “Évidemment que nous avons le devoir comme tous les Algériens de prendre part à l’effort de développement national, surtout en temps de crise. Mais nous demander maintenant de mettre la main à la poche, alors qu’une Constitution, votée il y a quelques mois nous dénie le droit d’être des citoyens à part entière, me paraît scandaleux”, réagit Nabil Mati, président de l’association Trait d’Union 93.

Ce dernier a reçu il y a une semaine un courrier du consulat de Bobigny, près de Paris, lui demandant de servir de relais auprès des Algériens de sa circonscription, afin de les convaincre de souscrire à l’emprunt. “La moindre des choses aurait été de nous réunir pour débattre du sujet. Mais comme d’habitude, le rôle qui nous est dévolu consiste uniquement à appliquer les instructions”, déplore M. Mati, en dénonçant “une opération de racolage”. En décembre dernier, son association signait avec une dizaine d’autres organisations de l’émigration un manifeste où ils avaient appelé les autorités à renoncer aux amendements du projet de la loi de la Constitution excluant les Algériens de l’étranger d’accession aux hautes fonctions de l’État.  Mais le texte a été voté dans son intégralité, sans égard aux remous et au rejet suscités au sein de la diaspora. “Ces amendements anticonstitutionnels ont contribué à créer un fossé entre les expatriés algériens et leur pays d’origine. Des millions d’individus ont été traités avec mépris, exclus de manière définitive de la communauté nationale alors qu’ils portent l’Algérie dans leur cœur et contribuent déjà à leur manière à son bien-être”, explique, pour sa part, Youghouthen Ayad, président de l’Association des Algériens des deux rives et de leurs amis (Adra).

Il rappelle à ce sujet l’ampleur des transferts sociaux effectués par les Algériens de France. “Oui à la solidarité. Mais nous avons aussi notre mot à dire”, fait-il savoir assez révolté.
Commentant l’opération de l’emprunt obligataire elle-même, il estime qu’il est risqué de financer un État, dont la seule prouesse consiste à avoir vidé les caisses, à cause d’une gestion aléatoire et à une corruption massive. “Aucun projet d’investissement digne de ce nom n’a été réalisé”, note notre interlocuteur.
Pis, il considère que ce gouvernement a du culot en demandant à la population de l’aider financièrement, alors que des ministres cherchent à planquer leur argent ailleurs.

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Liberte-algerie.com

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