Erdogan menace l’Europe de rompre l’accord sur les migrants



Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé l’Union européenne de ne pas avoir acquitté ses engagements dans le cadre de l’accord sur les migrants.

Selon Erdogan, les promesses de l’Union européenne ne sont pas encore tenues. 

« Si l’UE ne prend pas les mesures nécessaires pour acquitter ses engagements, la Turquie ne respectera pas l’accord sur les migrants », a déclaré le président turc, cité par le journal Hurriyet.

Conformément à cet accord, la Turquie s’engage à accueillir des migrants clandestins, arrivés en Europe, en échange de réfugiés légaux. De son côté, l’UE a promis à la Turquie un financement supplémentaire de 3 milliards d’euros et la reprise des négociations pour l’adhésion du pays à l’Union européenne.

Le plan préliminaire de renvoi de migrants clandestins en Turquie a été approuvé lors de la rencontre extraordinaire des leaders des pays de l’Union européenne avec le premier ministre turc Ahmet Davutoglu, le 7 mars dernier. Mais la décision définitive a été prise le 18 mars lors du sommet Turquie-UE. La Turquie et l’UE ont commencé à échanger des migrants le 4 avril. Un tel délai a été imposé par la nécessité de préparer les services migratoires et policiers pour cette procédure.

Lors de la première étape, quelque 750 migrants ont été transportés à bord de deux ferries du port de Mytilène sur l’île de Lesbos (Grèce) vers la Turquie.

Actuellement, Ankara s’apprête à envoyer en Europe 25.000 réfugiés syriens. Au total, les pays de l’UE accueilleront 72.000 migrants officiels.

Selon les leaders de l’UE, l’accord permet d’arrêter l’activité des passeurs de migrants, car il donne la possibilité aux réfugiés de déposer leurs demandes d’asile sur le territoire turc. Le document est conforme aux normes du droit international, selon Bruxelles.

Néanmoins, cet accord a été critiqué par les défenseurs des droits de l’homme qui craignent des expulsions illégitimes massives de migrants. 

Les mouvements européens opposés à la migration considèrent cet accord comme « inutile ». Ils affirment que l’échange d’un migrant clandestin contre un réfugié ne réduira pas le flux migratoire vers l’Europe.

L’Onu a déjà qualifié la crise migratoire que le Vieux continent traverse depuis 2015 de plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale. Selon les données fournies par l’agence Frontex, l’agence qui gère les frontières extérieures de l’Europe, 1,83 million de réfugiés ont traversé de façon illicite les frontières de l’Europe.

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