Et Boumediene ?



« Ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont condamnés à la revivre », Karl Marx.

Il y a 38 ans, en décembre 1978, disparaissait le président Houari Boumediene. Ses funérailles « royales » ont fait pleurer, sangloter toute l’Algérie, d’autant plus que l’oraison funèbre avait été prononcée par l’actuel président de la République Abdelaziz Bouteflika. Oraison éblouissante, talentueuse et vraiment géniale.

Mais aujourd’hui, qui est Boumediene ? Peu de jeunes algériens le savent. Il a été l’homme qui a propulsé l’Algérie dans le socialisme, le progrès social ; et celui qui lui a donné sa stature d’État souverain, respecté et même haï.

Certes, il a été l’homme du coup d’État du 18 Juin 1965 que j’ai refusé et qui m’a valu quelques mois de prison. Il a été l’homme qui a mis le président Ben Bella en prison.

Des erreurs très graves, certes, mais il avait l’Algérie chevillée au corps, à la tête et aux tripes. Il aimait le peuple, les pauvres, les paysans. Il était progressiste et moderniste. Ce qui n’efface en rien ses errements politiques.

Mais pourquoi ce silence autour de sa personnalité ? Pourquoi ne pas lui rendre hommage d’une façon très sereine et objective ? Parce que l’écriture de l’Histoire est encore un sujet tabou. Et ce ne sont pas les mémoires de quelques généraux ni de quelques responsables politiques qui la libèrent.

Il en va de même pour Ahmed Ben Bella.

Il en va de même pour Mohamed Boudiaf.

Ils ont fait notre Histoire et nous leur dénions le droit à l’historicité.

Source : tsa-algerie.com / Rachid Boudjedra

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