Exportations hors hydrocarbures: L’ACE suggère un ministère du commerce extérieur



Le président de l’association nationale Algérie conseil export estime que l’absence d’un interlocuteur fédérateur est une des causes de l’échec des mesures prises pour booster les exportations hors hydrocarbures.

Le problème des exportations hors hydrocarbures est plutôt stratégique, a estimé M. Smaïl Lalmas, président de l’association nationale, Algérie conseil export (ACE) qui a animé, jeudi à Alger, une table ronde sur “La stratégie de développement des exportations algériennes” organisée par le Cercle du commerce et de l’industrie algéro-espagnol (CCIAE). L’analyse de la structure de l’économie algérienne démontre une forte dépendance à la rente pétrolière.

Selon M. Lalmas, les autorités algériennes ont tenté de sortir de cette dépendance dangereuse en optant pour une politique de diversification de nos exportations, donc de notre économie, mais sans succès.
Selon les Douanes algériennes, les hydrocarbures ont représenté l’essentiel des exportations de notre pays à l’étranger durant l’année 2015 avec une part de 94,54% du volume global des exportations.

Les exportations “hors hydrocarbures”, essentiellement des dérivés des hydrocarbures, restent toujours marginales avec seulement 5,46% du volume global des exportations soit l’équivalent de 2,06 milliards de dollars.
Pire, elles enregistrent une diminution, ce qui prouve que les mesures qui ont été prises par le gouvernement, pour booster les exportations, ont vraisemblablement échoué.

Selon toujours les Douanes algériennes, les exportations hors hydrocarbures ont enregistré une diminution de 20,1% l’année dernière par rapport à l’année 2014.

La tendance baissière se poursuit cette année. Durant les deux premiers mois 2016, les exportations hors hydrocarbures ont connu une baisse de 48,53% par rapport à la période 2015.

Pourquoi les mesures qui ont été prises n’ont pas produit les effets attendus ? Selon M. Lalmas : “Parmi les causes de l’échec des exportations hors hydrocarbures, l’absence d’un interlocuteur fédérateur, identifié, appelé à mettre en place un travail de concertation avec les différents secteurs pour organiser et gérer le commerce extérieur avec ses trois axes, à savoir la promotion des exportations via une stratégie bien réfléchie, la régulation des importations et l’attrait des IDE (investissements directs étrangers).”

Du coup, il propose de créer un ministère du commerce extérieur et de structurer les organismes sous sa tutelle.

Il souligne également l’urgence d’une meilleure organisation et gestion des fonds de soutien aux exportations et la nécessité de clarifier les rôles et les responsabilités et coordonner les actions des différents organes de promotion des exportations.

Le président d’Algérie conseil export estime que la stratégie algérienne de développement des exportations doit s’appuyer sur 4 axes qu’il juge importants.

Il a évoqué la nécessité d’un plan sectoriel pour le recensement et le développement de l’offre exportable. “Nous devons recenser, identifier, quantifier, estimer, normaliser et localiser notre potentiel au niveau de chaque secteur d’activité. Nous devons aussi organiser et structurer le marché national, une condition indispensable pour réussir à l’international”, a-t-il souligné.

Le deuxième axe porte sur la consolidation de la position des exportations algériennes sur les marchés traditionnels et prospecter de nouveaux marchés à fort potentiel. Le quatrième axe concerne l’accompagnement et la promotion des exportations.

Le dernier axe devrait mettre l’accent sur une politique du transport et de la logistique qui répondrait aux besoins des exportateurs. M. Lalmas soutient que des mesures pratiques peuvent être mises en œuvre rapidement, car elles correspondent en partie à une véritable attente de la part des entreprises.

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Liberte-algerie.com

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