Gülen demande une «enquête internationale»



TurquieDe son côté, Ankara se veut optimiste sur une extradition du prédicateur exilé aux Etats-Unis.

La Turquie a reçu des «signes positifs» de la part des Etats-Unis sur sa demande d’extradition du prédicateur exilé Fethullah Gülen, a affirmé vendredi le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusolgu. Accusé d’avoir fomenté le putsch raté, Fethullah Gülen a, quant à lui, demandé une «enquête internationale».

«Des documents continuent d’être préparés (pour l’extradition) et nous avons commencé à recevoir des signes positifs des Etats-Unis en réponse à nos demandes», a déclaré sans autre précision le ministre lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif.

Preuves exigées

Le chef de la diplomatie turque a ajouté qu’Ankara préparait de nouveaux documents pour les envoyer à Washington sur Fethullah Gülen. Depuis le putsch raté du 15 juillet, la Turquie demande avec insistance l’extradition de l’ex-imam turc, bête noire du président Recep Tayyip Erdogan.

Les Etats-Unis ont demandé à Ankara de fournir des «preuves» plutôt que des «allégations» contre le prédicateur exilé en Pennsylvanie depuis 1999. Le principal intéressé a démenti tout rôle dans le coup de force ayant ébranlé le pouvoir.

Enquête internationale demandée

Fethullah Gülen a, quant à lui, réclamé une «enquête internationale» menée par une commission indépendante sur cette tentative de putsch, dans une tribune publiée vendredi dans Le Monde. Il a également promis sa «collaboration totale».

«Si le dixième des accusations dirigées contre moi sont établies, je m’engage à retourner en Turquie et à subir la peine la plus lourde», insiste l’ancien imam dans son texte.

Idéal

«En revanche, si des militaires qui se disent sympathisants du Hizmet («Mouvement des bénévoles», fondé par Fethullah Gülen, ndlr) ont trempé dans cette conjuration, je le dis sans aucun état d’âme, ce sont des félons qui ont ébranlé l’unité et l’intégrité du pays, des individus qui ont trahi mon idéal», affirme-t-il. «Que Dieu les punisse».

«Je me suis opposé toute ma vie aux interventions militaires», appuie encore Fethullah Gülen. Le prédicateur a aussi rappelé ses liens anciens avec les principales figures de la vie politique turque.

Plus de 35’000 interpellations

Depuis l’échec du coup d’Etat, les autorités turques se sont lancées dans une purge des services de l’Etat. Jeudi, une source proche des autorités avait indiqué que plus de 35’000 personnes avaient été interpellées en Turquie dans ce contexte.

Parmi elles, 17’740 ont été officiellement arrêtées et placées en détention provisoire. Quelque 11’600 autres ont été remises en liberté. Les 5685 restantes sont toujours en prison, dans l’attente de suites judiciaires. Le ministre de l’éducation, Ismet Yilmaz, a en outre annoncé que 27’424 employés du secteur de l’éducation avaient perdu leur permis de travail. (ats/nxp)

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