Hillary Clinton et Donald Trump en position de force



Primaires américainesA la veille du Super Tuesday, l’ancienne secrétaire d’Etat s’offre la Caroline du Sud. Le milliardaire cartonne chez les républicains.

Le pari de Hillary Clinton a payé. En choisissant de passer la majeure partie de la semaine dernière en Caroline du Sud alors que Bernie Sanders faisait campagne ailleurs aux Etats-Unis, l’ancienne secrétaire d’Etat y a remporté une très large victoire lors de la primaire démocrate samedi. Elle a recueilli 73,5% des voix contre 26% pour le sénateur du Vermont.

Les conséquences de ce succès sont profondes à la veille du Super Tuesday de mardi au cours duquel onze Etats américains voteront. Hillary Clinton a retrouvé sa voix et sa confiance en Caroline du Sud. Les électeurs noirs qui avaient largement plébiscité Barack Obama à ses dépens en 2008 ont voté pour elle à six contre un samedi. Ce plébiscite des Afro-Américains pour Hillary Clinton a renforcé l’impression chez les démocrates que le message de Bernie Sanders ne passe pas auprès des minorités. Le sénateur du Vermont avait pourtant investi deux millions de dollars en Caroline du Sud et y avait envoyé une équipe de 200 personnes.

Journée décisive

Plus de 1000 délégués et super-délégués sont en jeu ce mardi sur les 2383 nécessaires pour décrocher l’investiture démocrate. Le Texas, où Hillary Clinton fait largement la course en tête avec 64% des intentions de vote, est le grand prix de la journée avec 252 délégués. La Géorgie, un Etat dans lequel elle domine aussi dans les sondages, en octroie 116, tout comme le Massachusetts, où le duel est plus serré.

Hillary Clinton est aussi bien placée pour remporter la Virginie, un Etat qui a également un fort électorat noir, et l’Arkansas, un Etat dont elle a été la First Lady pendant neuf ans à l’époque où son mari, Bill Clinton, était gouverneur.

Pour Bernie Sanders, ce Super Tuesday s’annonce décisif. Le fait qu’il ait dû préciser dans un communiqué publié samedi soir qu’il restait en course traduit ses difficultés, malgré une popularité intacte auprès d’un électorat majoritairement blanc, jeune et progressiste. Il a attiré des milliers de personnes ces derniers jours à ses meetings à Austin, la capitale du Texas et rare bastion de la gauche dans le Lone Star State, ainsi qu’à Rochester, dans le Minnesota.

Sanders en difficulté

Bernie Sanders devrait remporter le Vermont mardi, mais son Etat n’octroie que 26 délégués. Et le calendrier électoral ne s’améliore pas pour lui. Hillary Clinton le domine en Louisiane et dans le Mississippi, qui votent respectivement les 5 et 8 mars. La population noire y représente un tiers des électeurs démocrates qui participeront aux primaires.

Dans le camp républicain, le Super Tuesday pourrait permettre à Donald Trump de prendre une importante option sur l’investiture de son parti. Il domine largement les sondages dans les Etats en jeu mardi, à l’exception du Texas, l’Etat que représente Ted Cruz au Sénat à Washington. Le parlementaire ultraconservateur s’accroche à son avance de quinze points sur le milliardaire new-yorkais au Texas comme à une bouée de sauvetage pour sa campagne en difficulté.

Rubio à la traîne

Marco Rubio, le candidat des élites du parti républicain, semble pour sa part condamné à espérer terminer à la seconde place derrière Trump dans les onze Etats votant mardi. Le sénateur de Floride passe ses journées à échanger des insultes avec Donald Trump depuis le débat républicain de jeudi dernier au cours duquel il avait attaqué le milliardaire new-yorkais à plusieurs reprises.

Pour Marco Rubio, une victoire lors de la primaire de Floride le 15 mars semble indispensable s’il veut sauver ses ambitions pour l’élection présidentielle de novembre. Un sondage de l’Université Quinnipiac publié jeudi le donne cependant pour l’instant distancé de seize points par l’incontournable Donald Trump. (24 heures)

Source : Par Jean-Cosme Delaloye

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