Hydrocarbures: Sonatrach cherche investisseurs désespérément



Les investissements hors hydrocarbures ne semblent pas bénéficier de tout l’intérêt du gouvernement.

Hormis les déclarations d’intention et les vœux pieux claironnés à tout-va par les dirigeants, sur le terrain il en est tout autrement. La priorité de l’Algérie demeure fatalement liée aux puits de pétrole. Pourtant, le climat mondial est difficile. Les prix de l’or noir sont toujours en berne et les multiples tentatives des pays producteurs d’apaiser un marché fortement grippé continuent de comptabiliser échec sur échec. La dernière réunion de Doha en est justement un revers pour le moins éloquent. C’est dans un pareil contexte d’incertitudes que l’Algérie surprend par sa décision d’aller chercher de nouveaux investisseurs et de grands groupes pétroliers et gaziers internationaux en vue de développer davantage le secteur des hydrocarbures par une augmentation de sa production. La compagnie publique Sonatrach, à en croire Oxford Business Group, a décidé ainsi de soigner son attractivité et s’est lancée depuis quelques mois dans une restructuration profonde dans l’objectif de capter l’intérêt des investisseurs potentiels.

Les nouveaux contrats bilatéraux de la compagnie nationale devraient donner naissance à une nouvelle stratégie synonyme d’une plus grande flexibilité pour les investisseurs. Elle devrait réduire le poids de la bureaucratie et améliorer les procédures d’entreprise. L’on annonce que la production devrait augmenter de 13% d’ici 2019, pour atteindre 224 millions de tep, grâce à une maximisation de la production dans les champs de pétrole existants et à la mise en service de plusieurs champs pétroliers actuellement en cours de développement avec des partenaires étrangers dans le sud du pays. Le site gazier d’In Amenas, qui représentait près de 11% de la production nationale de gaz avant le fâcheux épisode de la prise d’otages menée en 2013, devrait quant à lui reprendre l’intégralité de ses activités avant la fin de ce mois. Ce qui logiquement assurerait une production de quelque 1,3 million de tep par an. Le coup de starter de cette nouvelle orientation a été, en effet, donner dès le mois de mars dernier.
La compagnie publique a annoncé son intention de passer à des négociations directes avec plusieurs groupes énergétiques internationaux pour leur proposer l’achat de parts dans pas moins de 20 champs pétroliers et gaziers situés principalement dans le centre et dans le sud de l’Algérie. Ces champs, achetés en septembre par la Sonatrach à l’agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures ALNAFT dans le cadre d’un processus de restructuration, se trouvent dans les wilayas d’Ouargla, Adrar ainsi qu’à Illizi selon des sources.
En ce moment, l’on ne compte pas moins de 30 groupes énergétiques internationaux implantés en Algérie. La nouvelle stratégie de Sonatrach assurera-t-elle, un flux nouveau des investisseurs en Algérie ? Rien n’est moins sûr. D’abord, les contrats énergétiques juteux ne sont plus si nombreux. L’épuisement des puits va en s’amplifiant dans le monde entier. La fin du pétrole n’est certes pas pour demain, mais le secteur n’est plus aussi fructueux que les dernières décennies. Les investisseurs manqueront de plus en plus.

Ensuite, dans le cas de l’Algérie, le poids bureaucratique et les contraintes douanières ainsi que les contrats de partages imposés par le pays constitue, selon de nombreux investisseurs, des obstacles certains. Bien sûr, il y a aussi la production qui a évolué à la baisse ces dernières années en raison de l’arrivée à maturité des champs dans le pays : de son plus haut taux d’environ 233 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep) en 2007, elle est tombée à 153 millions de tonnes l’an dernier.
Un indicateur de plus qui ne risque pas de mettre en confiance les partenaires étrangers potentiels.

Par Karim Benamar

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