I have a dream. Par Hammar Boussad.



Eau bénie! Eau vive ! Eau cristalline! Eau de jouvence, mon cœur dérive vers la démence. Je rêve, je délire et je crie au secours !

Eau bienaimée des dieux, eau qui habite les cieux, je connais ta douceur et ta sensibilité, tu ne resteras pas longtemps insensible à mes tourments !

Il y’a des gens très doués dans l’art d’interpréter des rêves mais, moi profane en la matière, je les laisse souvent passer sans les analyser ou leur donner de l’importance. Peut-être que les savants en la matière m’aideront à voir plus clair.

Hier, j’ai rêvé de l’eau. Elle prenait des sons, des couleurs et des formes variées. Tantôt, elle se transforme en poisson qui s’amuse à me rafraichir avec de l’eau. Tantôt, elle se transforme en singe blanc qui me fait des grimaces et me tient des propos moqueurs : « Tu veux de l’eau espèce de sot, creuses un puits et prends des seaux. »

Quelques fois, l’eau se métamorphose en belle fille des neiges. Quand je m’approche d’elle, elle s’éloigne. Quand je m’éloigne, elle s’approche. Elle joue avec moi au chat et à la souris.

Tout autour de moi, j’entends le bruit de l’eau avec ses différents sons et ses différentes musiques. Tantôt, c’est un clapotis, une autre fois un ruissellement, des fois, une chute…Tous les sons produisent une musique douce et apaisante.

Soudain, je me sens entouré de toutes parts par les eaux qui me taquinent en riant : « Tu veux de l’eau, te voila submergé jusqu’aux oreilles. » Heureusement, une ile est proche de moi, je la rejoins à la nage. L’idée de vivre dans cette île m’apparait intéressantes. Je consulte ma femme qui dormait à côté de moi.

-« Cette île « Tigzirt n Yizem » est paradisiaque. Nous pourrons peut-être y vivre. Qu’en penses-tu ma chérie ? »

« Est-ce qu’il y’a de l’eau dans cette île ? »

-« Mais, bien sûr. »

« Alors, j’accepte sans voir. »

Demain, de bonne heure, j’entamerai la construction de la cabane. Pour une fois que ma femme et moi, nous nous entendons rapidement et sans problèmes sur un projet.

-« Réveille-toi ! Réveille-toi ! J’entends un bruit, c’est peut-être l’eau qui revient, j’ai laissé le robinet ouvert. »

Je me précipite vers le robinet. Il est sec comme un os bien rongé par les chiens et les vautours. J’entends encore du bruit. Je descends les escaliers et j’aperçois un voleur qui s’enfuit en me voyant. J’appelle la police qui l’intercepte. Apres un interrogatoire musclé, il avoue qu’il voulait me voler le peu de réserves d’eau que j’avais emmagasiné dans des futs et des jerricans.

Interrogé sur les mobiles de son geste, le voleur d’eau affirme avoir été importuné par son épouse qui souffrait du manque d’eau depuis un mois.

Par Hammar Boussad.

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