Il se fait passer pour l’ex-avocat du tueur de Nice



Attentat de NiceUn avocat a dupé les médias, donnant des interviews en tant qu’ex-conseil du terroriste de Nice. La supercherie a été découverte. Il a tenté de se suicider.

Il a donné des interviews durant 48 heures. Me Corentin Delobel, 34 ans, s’est fait passer pour l’ancien conseil du terroriste de Nice, Mohamed Lahouaied-Bouhlel durant deux jours. Deux jours où caméras et micros étaient braqués sur lui, où son téléphone n’arrêtait pas de sonner, où son prénom et son nom s’étalaient en caractères clairs dans la presse française.

C’est «Le Figaro» qui a levé le lièvre, révélant mardi soir tard, que ce jeune avocat spécialisé en droit du travail, en droit commercial des affaires, en droit des contrats et en droit pénal selon son site internet, n’avait jamais défendu celui qui deviendrait le terroriste de Nice et que le véritable ex-avocat de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait pour sa part fait valoir qu’il ne souhaitait pas s’exprimer dans les médias.

Si le conseil régional de discipline a été saisi, une amie avocate de l’usurpateur rejette la responsabilité sur les médias: «Il y a une erreur de sa part mais la presse n’a pas pris la peine de vérifier l’information avant de diffuser les interviews».

Bientôt radié?

Toujours est-il que Me Corentin Delobel «risque une radiation pour avoir fait des déclarations à la presse en empruntant la fausse qualité d’ex-avocat de Mohamed Lahouaiej», a indiqué Jacques Randon, le bâtonnier de Nice qui ajoute, dans «Le Parisien»: «Il m’a dit qu’il avait fait une erreur, qu’il avait confondu avec un autre client au nom similaire proche».

Le bâtonnier a pris la décision de saisir le conseil de discipline de l’ordre régional d’Aix-en-Provence, après un conseil restreint de l’ordre des avocats de Nice restreint tenu mercredi matin.

Tentative de suicide

Invité à se présenter à cette réunion pour y être entendu, Me Corentin Delobel en a été empêché après avoir fait une tentative de suicide dans la nuit qui l’a conduit aux urgences, où il était toujours mercredi midi. Ses jours ne sont pas en danger.

Le bâtonnier de Nice indique que de nombreux avocats locaux sont «furieux» contre leur confrère, alors même que le barreau a été endeuillé par la mort, au cours de cet attentat, de Me Myriam Bellazouz, une jeune avocate de 29 ans du barreau de Nice, fauchée avec sa mère par le camion.

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Source : www.24heures.ch / Marion Moussadek avec les agences

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