Il y a dix ans, disparaissait El Hasnaoui : Un artiste de génie libre



Décédé le 22 juillet 2002, El Hasnaoui est dans tous les cœurs, dix ans plus tard. Il en est ainsi des grands artistes, libres, qui n’ont jamais marchandé leur honneur pour plaire à qui que ce soit.

En regardant les chaines  de télévision algériennes, on dirait qu’il n’existe pas de vrais artistes à l’esprit libre et honnête qui ont bâti leurs carrières artistiques, uniquement grâce à leurs talents hors-pair. Il en est de même quand il s’agit des activités culturelles que l’Etat algérien organise. Reviennent toujours les mêmes noms de chanteurs imposteurs qui mangent à tous les râteliers et jouent ensuite aux victimes. Le dixième anniversaire de la disparition d’El Hasnaoui est une occasion de rendre hommage à ce pilier de la chanson mais aussi à tous les autres artistes kabyles victimes du système politique algérien qui dénie le droit à toute voix artistique discordante de s’exprimer.

El Hasnaoui, à l’instar de tant d’autres chanteurs, n’a jamais touché un centime de la part du pouvoir algérien. Il n’a jamais fait de campagne électorale à quiconque. Il a vécu loin des feux de la rampe. Ce qui ne l’empêche pas d’être aujourd’hui une étoile dans le ciel de la chanson kabyle éternelle. Une véritable icône. Ça fait déjà dix ans depuis qu’il nous a quittés sans  vraiment nous quitter. Car qui peut s’en passer d’écouter ses chansons qui bercent tant les cœurs sensibles à l’instar de « Maison blanche », « Fadhma », « Bu tabani », « Sani sani atruhed », « Ma tebghid, nek bghigh », « lghorba tewaar », etc… Au-delà du fait qu’El Hasnaoui a été et demeure l’un des meilleurs artistes kabyles, tous styles confondus et toutes époques confondues, c’est plutôt sa trajectoire hors norme qui fait de lui un cas unique dans les annales. Il a de tout temps vécu effacé. Il a toujours fui les éloges et la publicité. Dans ses chansons, il a brisé mille un tabous imposé par l’idéologie arabo-islamique.

Des dizaines d’années avant que les fous d’Allah ne commencent à brandir leur fameux et exécrable « la yadjouz » même quand il s’agit d’aimer tout simplement, El Hasnaoui, lui, a exprimé ce beau sentiment dans une infinité de chansons avec une liberté qui frise la provocation, sans se soucier aucunement du qu’en dira-t-on. El Hasnaoui, à l’époque déjà, avait fait ressortir la particularité kabyle dans ses textes. Et c’est la chanson « Tiqbayliyine » qui est sans doute l’exemple le plus édifiant. Il a aussi chanté en arabe pour dire que, ce n’est pas parce qu’on est pour sa culture et sa langue amazighe, qu’on doit être accusé de racisme. Mais quand on a affaire à des illuminés, il n’est pas du tout évident de comprendre une attitude de vie telle que celle adoptée par Mohamed Khelouat (son vrai nom).

Tahar Khellaf pour Tamurt

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