Infarctus : des symptômes différents chez les femmes



Les femmes qui souffrent d’un infarctus ne sont pas forcément sujettes aux mêmes symptômes que les hommes. Ce qu’elles savent encore moins, c’est qu’ils passent le plus souvent inaperçus ou sont mal interprétés, fait savoir la Fédération Française de Cardiologie.

Quand on évoque l’infarctus du myocarde, on l’associe à un homme de 50 à 60 ans, fumeur, sédentaire et avec un peu d’embonpoint. Mais contrairement à cette idée reçue, ce sont les femmes qui meurent davantage d’une maladie cardiovasculaire. Seulement, chez ces dernières, les infarctus ne se manifestent pas toujours comme chez un homme, rappelle la Fédération française de cardiologie (FFC), qui lance une campagne d’information.

« Dans près de la moitié des cas, ils se manifestent par des symptômes méconnus des femmes, ce qui réduit leurs chances d’être prises en charge à temps », explique-t-elle. On parle d’infarctus du myocarde lorsqu’une partie du cœur n’est plus approvisionnée en sang et en oxygène, parce que l’une de ses artères coronaires est bouchée par un caillot de sang ou une plaque de graisse et de cholestérol.

Les symptômes les plus connus sont une douleur intense dans la poitrine avec une sensation d’étau qui se resserre, une douleur qui irradie dans le bras gauche ou encore des vertiges. Si ces signes peuvent alerter, ils ne font pas office de signaux d’alarme classiques chez les femmes, plus souvent sujettes à des symptômes qui peuvent passer inaperçus.

Difficultés à respirer, nausées, troubles digestifs…

Ainsi, les femmes peuvent également souffrir d’une douleur au niveau du thorax, « mais ce symptôme plus classique chez l’homme est plus rare chez la femme », précise la Fédération française de cardiologie. Elles sont surtout en proie à un essoufflement ou à des palpitations à l’effort et parfois même au repos, à des nausées, des vomissements, des sueurs, des douleurs dans le creux de l’estomac, ou encore une grande fatigue persistante et inhabituelle.

« La plupart du temps, elles négligent ces manifestations, les associant à tort au stress, à la fatigue ou même à des problèmes digestifs », souligne la FFC. Connaître ses symptômes spécifiques est important, car « depuis que les femmes ont adopté le même style de vie que les hommes, elles sont concernées de plus en plus jeunes. Chez les femmes de moins de 50 ans, les infarctus ont triplé ces 15 dernières années », ajoute la FFC.

Des conséquences plus graves chez les femmes

Malgré cette augmentation de cas, les femmes sont toujours moins bien dépistées et prises en charge plus tardivement : selon la fédération, elles arrivent aux urgences une heure plus tard que les hommes. Or, ce retard de diagnostic peut conduire à un retard de prise en charge thérapeutique. 

« C’est une véritable perte de chance, car les femmes se remettent plus difficilement. Leurs artères sont plus difficiles à revasculariser, plus fines et plus fragiles que celles des hommes… », explique le professeur Claire Mounier-Vehier, présidente de la Fédération française de cardiologie.

Enfin, après un infarctus, les femmes ont davantage de risques de mourir ou de refaire un accident cardiovasculaire dans l’année qui suit, comparativement aux hommes. Elles sont moins nombreuses à suivre un programme de réadaptation cardiovasculaire, pourtant essentiel à un bon rétablissement. Outre la connaissance de ces signes, il est également utile de savoir quels sont les facteurs qui multiplient les risques de faire un infarctus chez la femme.

Ces derniers diffèrent peu par rapport aux hommes : la cigarette, l’association du tabac et de la pilule contraceptive, le stress, un manque d’activité physique régulière, le diabète, le cholestérol et l’hypertension artérielle. Ainsi, une bonne hygiène de vie est ainsi la première protection contre l’infarctus du myocarde. Les femmes peuvent aussi demander conseil à un médecin, notamment aux trois phases-clés de leur vie hormonale que sont la contraception, la grossesse et la ménopause.

Santemagazine.fr

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