Interrogatoire du député Bouabdallah dans une caserne à Hydra: Les silences troublants de Saâdani et de l’APN



Le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, qui avait mis de l’excès dans sa bravade à réclamer l’éloignement du DRS de la vie politique nationale, n’aura pas eu le courage ne serait-ce que de s’offusquer du terrible interrogatoire subi par un cadre de son parti, le député Wahid Bouabdallah.

À l’origine, un entretien au site électronique TSA. Le député Wahid Bouabdallah, ancien directeur général de la compagnie aérienne Air Algérie, dit tout haut ce qu’il pense sur un large spectre de questions liées à la politique nationale et à l’environnement régional. Le ton est inhabituellement affranchi des prudences coutumières chez la nomenklatura, notamment lorsqu’il s’agit de sujets sensibles.

La réaction ne s’est pas fait attendre. Elle n’est pas venue de la justice. Elle ne s’est pas non plus confinée en une diatribe politique. Terrible, elle a consisté en un interrogatoire musclé de plus de trois heures dans la caserne Antar, dans le quartier huppé d’Hydra, sur les hauteurs d’Alger. Le journal El Watan rapporte dans sa livraison de jeudi que le malheureux député a relaté son supplice moral dans une lettre adressée au président de la République. Certains de ses collègues parlementaires auraient été rendus destinataires de copies de la lettre.

Wahid Bouabdallah raconte qu’il a été convoqué par un certain colonel Smaïl de la Direction de la sécurité intérieure (DSI) et que, une fois à l’intérieur de la caserne, il a été pris en charge, comme on dit, par un officier qui lui a reproché son propos sur l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil, son commentaire sur la mise à la retraite de l’ex-patron du DRS, le général Toufik, ses déclarations sur le roi du Maroc, Mohammed VI, etc. L’interrogatoire a été décrit comme extrêmement brutal par le député qui a évoqué “une ambiance électrique et tendue”.

D’après la victime, l’officier des services qui l’a interrogé s’est même autorisé de vouer aux gémonies la famille Boubadallah, famille révolutionnaire. Le député a quitté la caserne tellement affecté que sa santé en a pris un coup. Il a fait un AVC qui lui a valu une hospitalisation dans un hôpital français.

Un établissement niçois, confie une source proche de Bouabdallah. Le harcèlement, cependant, s’est étendu aux membres de sa famille, à son fils plus précisément. Ce dernier, propriétaire d’une régie mobile de transmission, est accusé d’avoir loué pour la chaîne de télévision KBC. Il fait l’objet d’un contrôle fiscal et les comptes de son entreprise sont bloqués. Ainsi les intimidations subies par le député et son entourage n’ont pas soulevé de réaction chez le secrétaire général du FLN et encore moins au bureau de l’APN qui est resté étrangement silencieux alors que l’immunité parlementaire a été foulée aux pieds.

Le secrétaire général du FLN, Amar Saâdani, qui avait mis de l’excès dans sa bravade à réclamer l’éloignement du DRS de la vie politique nationale, n’aura pas eu le courage ne serait-ce que de s’offusquer du terrible interrogatoire subi par le député Bouabdallah, de surcroît cadre de son parti. Le silence de Saâdani est d’autant plus incompréhensible qu’il a mené une campagne virulente pour dénoncer les agissements de la police politique. C’est à croire qu’il n’abhorre pas la pratique pour ce qu’elle est mais uniquement parce qu’elle était pratiquée par l’ex-DRS. Qu’elle survienne aujourd’hui que le DRS n’est plus ne semble pas le déranger outre mesure.

Liberte-algerie.com

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