Iran: expédier du pétrole sans tankers



L’Iran est prêt à inonder le marché mondial de son pétrole alors que le pays ne dispose pas d’assez de tankers pour expédier cet or noir.

La semaine dernière, des médias ont annoncé que plusieurs pétroliers avec environ 50 millions de barils d’or noir étaient amarrés le long des côtes iraniennes. Plus tard, il s’est avéré que des navires transportant 28,8 millions de barils de pétrole avaient quitté le port, d’après Bloomberg.

Ainsi, les livraisons de pétrole brut iranien ont augmenté en avril de 600.000 barils par jour ce qui a totalement compensé la baisse de la production de pétrole aux Etats-Unis.

Actuellement, des pétroliers iraniens se dirigent vers des lieux d’expéditions situés majoritairement en Asie. Cependant, il existe une condition importante qui mettrait prochainement fin à de telles démarches de l’Iran. Selon les informations de Reuters, plusieurs navires iraniens ne sont pas destinés à expédier du fret mais sont notamment utilisés en tant qu’entrepôts flottants.

L’Iran dispose de 50 à 60 tankers tandis que seulement une trentaine de navires stationnent près des terminaux de stockage de pétrole. En outre, environ 20 pétroliers devront être modernisés afin de correspondre aux standards actuels. 11 autres tankers sont actuellement déployés en Asie, précise Reuters.

Il n’y a rien d’étonnant à ce que l’Iran aspire également à augmenter ses livraisons de pétrole en Europe, cela l’oblige néanmoins à louer des tankers à d’autres pays. Il y a cependant un obstacle: presque personne ne veut prêter ses navires à l’Iran en raison des sanctions à son encontre. Il est aussi interdit de faire commerce avec le pays en dollars, l’implication de sociétés et banques américaines est également strictement proscrite.

En réalité, depuis la levée des sanctions anti-iraniennes, seulement huit tankers étrangers, transportant environ huit millions de barils de pétrole, ont expédié l’hydrocarbure dans des pays européens. A titre d’exemple, en 2012, l’Iran transportait la même quantité en 10 jours.

Il s’y ajoute également l’Arabie saoudite qui cherche par tous les moyens à éviter l’expansion pétrolière de l’Iran. Il y a quelques semaines, il a été annoncé que le royaume saoudien avait décidé de limiter l’accès des pétroliers iraniens à ses ports pour freiner la croissance des exportations iraniennes d’or noir.

Le fait que l’Arabie saoudite et le Bahreïn empêchent actuellement les pétroliers iraniens d’entrer dans leurs ports figure dans une note envoyée par une entreprise d’assurance de fret. Le texte indique notamment que si des navires ont visité un port iranien lors de leurs trois derniers amarrages, ils seront obligés d’obtenir une permission des autorités saoudiennes ou bahreïniennes pour entrer dans leurs eaux territoriales.

Des responsables d’entreprises pétrolières iraniennes ont déjà exprimé leur préoccupation quant à ces rumeurs circulant sur le marché. D’après eux, il s’agit d’un problème considérable pour les exportations de pétrole iranien. « Personne ne veut se brouiller avec les Saoudiens », affirme un consignataire de navire cité par le Financial Times.

Il s’avère ainsi que certains pays producteurs de pétrole mettent tout simplement des bâtons dans les roues de l’Iran pour l’empêcher d’expédier son pétrole.

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