J’accuse l’opposition de toutes les dérives !



À quoi servira-t-il d’accuser l’ange déchu d’être la source des péchés. Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que le mal vient de l’esprit malin et je ne vous apprendrai encore moins que rien si j’accuse ce pouvoir d’être la cause de ce noir, d’avoir falsifié l’histoire, d’avoir assassiné tout espoir et d’avoir fait de la patrie un mouroir. Tout cela n’a nul sens, car c’est une évidence.

Je tourne le dos à ce dragon hideux et j’accuse l’opposition de tous les maux.

J’accuse cette opposition des salons d’Alger la capitale qui ne consulte sa base que pour avoir la légitimité d’y aller participer au concours des fauteuils de députés. Dans cette assemblée où leurs mains levées ou baissées n’ont nulle valeur devant l’armada des Beni oui-oui.

J’accuse cette opposition qui ne ressent pas les tourments de la population et qui n’entend pas ses cris dans tous les lieux, réels ou virtuels. Cette opposition qui est la seule à ne pas entendre parler de cette grève lancée par des inconnus et qui a réussi à braser certaines localités avec des actes condamnables. Les messieurs de ces partis qui passent aujourd’hui à la télé pour analyser, décrypter ou juger, alors qu’ils n’ont pas levé le petit doigt pour avertir les jeunes révoltés des imminents dangers de répondre à un appel inconnu. Ces révoltés abandonnés à la rue sans aucun encadrement, alors qu’ils pouvaient les organiser pour qu’ils expriment leur ras-le-bol de l’injustice et des torts des Minotaures sans ouvrir la boîte de pandore qu’adorent les hommes forts, sans remord qui vivent dans le confort.

J’accuse cette opposition qui n’arrive pas à mettre de côté leurs brouilleries, leurs fâcheries et leurs zizanies pour l’intérêt de l’Algérie. Je sais que c’est facile à dire, mais difficile à faire dans ce monde d’affaires dans lequel se taire, c’est gagner et préserver les places chères.

J’accuse l’opposition, mais guère les militants, les adhérents et les sympathisants qui rêvent d’ouvrir les horizons, mais qui se heurtent au langage des luxueux salons et aux discours creux dans des lieux clos qui tournent le dos au volcan bouillant de la nation.

J’accuse cette opposition qui arrive toujours après l’iftar, alors que c’est trop tard, le train a déjà quitté la gare. Cette opposition qui ignore le charre de ceux qui déjeunent le caviar et soupe le homard avec du pinard et narrent les saintes histoires pour ceux qu’ils prennent pour des ignares. La majorité des députés de ces partis que l’on croyait phares ont merveilleusement appris l’art de ces renards. Après leurs mandats, ils se barrent. Les uns s’installent à la capitale du brouillard, ceux du bon goût, ils choisissent le pays de Victor Hugo et ceux du grand rêve, c’est Genève.

J’accuse cette opposition qui a fait perdre confiance aux Algériens. Ces citoyens qui ne croient plus en personne et en rien. Ils constatent que le mensonge est le pain quotidien de tous ceux qui viennent pour soi-disant prendre leurs revendications en main. Rares ceux qui ne les ont pas trahis, qui ne les ont pas trompés, qui ne les ont pas troqués contre un poste alléchant ou un avantage attirant. Ce peuple martyrisé attend toujours même que Matoub Lounès disait :

« Tarde encore à venir une personnalité qui défrichera l’Algérie de la tromperie »

Mais un autre de ses vers dit : « L’espoir doit toujours exister, même que la situation est envenimée ».

Rachid Mouaci

Source : lematindz.net

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