Journée internationale des travailleurs: Le futur code du travail toujours à la traîne



L’Algérie célèbre demain, comme tous les pays du monde, la Journée des travailleurs mais celle-ci intervient dans une conjoncture économique difficile avec les retombées de la chute des prix du pétrole, notamment le recul de 50% des réserves de change, un chiffre affirmé par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, depuis Moscou, jeudi dernier.

Avec cette célébration, les travailleurs ne peuvent s’attendre à des augmentations de salaires ou autres avantages financiers et même la prochaine tripartite  aura plus un caractère économique que social. C’est vrai qu’une vraie relance d’économie nationale aura des conséquences sur le plan financier des travailleurs mais une telle stratégie se construit à long terme et ses retombées ne peuvent se concrétiser  dans l’immédiat, selon plusieurs spécialistes. En attendant la fixation d’agenda de la prochaine tripartite par le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, il est déjà connu que l’avant-projet du code de travail n’a pas encore trouvé le consensus des différents partenaires, dont la Centrale syndicale.

S’exprimant en marge de la rencontre de célébration de la Journée mondiale sur la «Sécurité et la santé au travail», le secrétaire national à l’Union générale des travailleurs algériens, Achour Telli, dira que la Centrale syndicale «n’est pas prête pour discuter» de l’avant- projet du code de travail, et qu’elle est «en train de le finaliser». Ainsi, ce texte  ne figure pas parmi les propositions de la Centrale syndicale en prévision de la prochaine tripartite et risque de traîner encore avant son aboutissement. Il est à savoir que le chantier de la révision du code du travail remonte à plus de 15 ans.

Pour sa part, le ministre du Travail, Mohamed El-Ghazi, a déclaré il y a quelques jours que l’avant-projet du code du travail est en cours d’«enrichissement» par les partenaires sociaux. S’exprimant en marge d’une rencontre réunissant les directeurs de wilaya de la Caisse nationale de la sécurité sociale des non-salariés (Casnos), le ministre a ajouté que d’ici à la fin du premier semestre en cours, une réunion aura lieu entre le département ministériel qu’il dirige et les partenaires sociaux, lesquels ont été destinataires d’une copie de l’avant-projet du code du travail. La rencontre en question permettra un «échange d’informations» autour des dispositions de ce texte de loi et «des observations des uns et des autres» y afférentes, a-t-il poursuivi.

Pour rappel, la mouture de ce texte dévoilée par la presse avait été fortement critiquée par les syndicats autonomes, notamment sur la question des libertés syndicales et  les relations de travail, dont «le contrat à durée déterminée (CDD) tend ainsi à devenir la règle au détriment du contrat à durée indéterminée (CDI) qui devient l’exception».

D’autre part, la prochaine tripartite annoncée pour la fin du mois de mai sera sûrement dans sa grande partie dédiée à la relance économique mais la Centrale syndicale tentera de faire passer quelques dossiers d’ordre social. A ce propos, M. Telli a annoncé que la médecine du travail constituera l’un des dossiers de la prochaine tripartite.

Selon le représentant de l’Ugta, ce dossier a été officiellement retenu pour être l’un des dossiers qui seront mis sur la table de la réunion gouvernement, Ugta et Patronat. «C’est un dossier que l’UGTA a défendu et pour lequel elle a insisté afin qu’il figure lors de cette rencontre», a précisé M. Telli, relevant que cette question «n’a pas figuré depuis un moment» dans l’agenda des précédentes triparties.

D’autre part, la Centrale syndicale a proposé des dossiers économiques, dont notamment ceux liés à la production nationale ainsi que celui de la mise en œuvre du pacte national,  selon M. Telli qui a souligné les «attentes» de l’UGTA s’agissant du modèle économique envisagé par le gouvernement, dans un contexte économique particulier.

Le représentant de l’Ugta  a précisé que pour l’année en cours, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, a dégagé une enveloppe conséquente. Dans ce cadre, il a déploré que seulement 13% des entreprises économiques consacrent une partie de leurs budgets à la prévention contre les risques professionnels et à la sécurité au travail.

Plus explicite, M.Telli a indiqué qu’«il s’agit essentiellement des entreprises relevant du secteur public et ayant les moyens nécessaires pour faire face aux problèmes de la sécurité et de la santé du travail, et ce, conformément à la réglementation en vigueur». En dépit «des conséquences néfastes» du stress sur la santé et le rendement du travailleur ainsi que sur la santé financière des entreprises, la médecine du travail est globalement peu prise en compte par les entreprises, comme illustré par la faible présence au sein de celles-ci des spécialistes en psychologie, a poursuivi M. Telli.

Selon le représentant de l’Ugta, les femmes sont les plus exposées au stress au travail, suivies par les patrons, conviant ces derniers à privilégier l’investissement dans la culture préventive en matière de sécurité et de santé au travail, plutôt que celle du remboursement des frais de soins de leur personnel.

Pour la célébration officielle de la Journée des travailleurs, l’Ugta a choisi de la dédier au peuple sahraoui et une réponse aux dépassements de l’occupant marocain. A cet effet, une caravane de solidarité va démarrer aujourd’hui avant d’arriver à Oran et se diriger vers les camps de refugiés sahraouis. Cependant, en dehors de la symbolique de cette action, la question du pouvoir d’achat des travailleurs interpelle de plus en plus l’Ugta et les pouvoirs publics.

La dernière grève des travailleurs des communes et la question des enseignants contractuels témoignent de la situation des travailleurs en Algérie malgré tous les efforts et les retombées de la chute des prix du pétrole qui ont compliqué davantage la situation. Et les incidences de l’abrogation de l’article 87 bis sont jugées insignifiantes par les travailleurs.

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