Kamel Harani, une compétence au service de la culture amazighe en Amérique du nord



Kamel At Ali, ou Harani d’après l’état civil colonial français. Ce fils d’At Bu Yahia, un des 18 villages qui composent la commune d’At Dwala en haute Kabylie, est rendu un élément incontournable sur la scène culturelle kabyle et amazigh de Montréal. Non seulement dans cette métropole mais partout au Canada et aux USA puisqu’il est sollicité par presque tout le mouvement associatif en Amérique du nord.

Qui se dévoue pour une affiche d’une conférence pour une association X, une fondation Y, un carrefour littéraire Z, …

Qui pour couvrir un évènement, filmer et prendre les photos.

Qui pour confectionner l’affiche de Yennayer, Tafsut Imazighen, Hommage à Matoub, …

Que ce soit de Montréal, Ottawa, Québec, Philadelphie,… il ne dit jamais non à ces nombreuses sollicitations. Il répond toujours de la même façon : « Avec plaisir. Envoyez-moi toutes les données et je vous fait le travail aussitôt ».

Kamel Harani est né en 1969. Il est diplômé de l’École nationale de tourisme d’Alger en techniques de Gestion (1998). Il s’est marié en 2001 avec Sabrina At Sayd, Badene selon l’état-civil colonial français, avec laquelle il va bâtir une belle famille et partager un loisir et un devoir, celui de servir la cause kabyle et amazighe en général.

Sabrina, du village voisin Tagemunt Azzuz, de la commune At Mahmud et Kamel se sont connus au lycée. Une relation d’amour s’est tissée entre eux. Elle s’est soldée par un mariage. C’était la même année ou a eu une catastrophe, un épisode noir dans l’histoire de la Kabylie. Ce fameux printemps noir d’avril 2001 entamé avec l’assassinat du jeune Massinissa Guermah, du village voisin At Mahmud, et qui s’est étalé sur une longue période de plusieurs années avec son lot de 126 jeunes morts et des milliers de blessés.

Ce pouvoir injuste, ou Akim ur nesεi akim, comme disait Lounis Ait Menguellet, qui est derrière une telle injustice n’a pas été puni, ni même condamné par une quelconque organisation internationale.

Il a poussé des milliers de jeunes Kabyles à quitter une telle indescriptible atmosphère qui s’est abattue sur eux. La plupart sont partis en France et au Canada. Kamel Harani et sa femme Sabrina étaient de ceux qui ont choisi de plier bagages en traversant l’océan Atlantique vers l’eldorado canadien. Plus exactement à Montréal où sont déjà établis de nombreux Kabyles.

Une fois stables, ils ont donné naissance à trois charmants enfants de 13, 9 et 7 ans. Exactement comme leurs parents qui ont réussi leur licence en enseignement de l’Université de Québec à Montréal (UQAM).

Kamel Harani, qui prépare aussi une maîtrise en Éducation à l’université de Sherbrooke, est un homme à tout faire, un « Handyman » multidisciplinaire hors pair. Il est à la fois un gnome en informatique, un artiste dans les techniques de montage vidéo, un concepteur infographe chevronné et un véritable chef cuisinier.

Ce sont toutes ces compétences qu’il met au service de la kabylité et de l’amazighité sans rien demander en retour. Plusieurs chanteurs, artistes, animateurs et operateurs TV, écrivains et intellectuels, … ont soit gouté à ses succulentes recettes de cuisine, soit ils ont apprécié ses montages vidéos, les interviews que sa femme Sabrina leur accorde et qu’il filmait, … Il convient de citer, entre autres, Idir, Assam Mouloud, Zedek Mouloud, Mohamed Allaoua, Dr. Robert Huge, Ahmed Tessa, Djaffar Ait Menguellet, Rachid Oulebsir, Mohamed Saadi, Kamel Tarwiht, …

Un des derniers en date était le regretté Lounes Kheloui qui est resté 7 jours chez Kamel et Sabrina. Il est parti très joyeux. D’ailleurs selon les dires même de Malika Domrane, il ne cessait de parler de son recent voyage en Amérique du Canada et jusqu’à ses derniers souffles.

Depuis une année Kamel Harani a mis en place un organisme de productions de spectacles appelé TOM Productions. A la question du pourquoi d’un tel organisme, il répond : « Le but est de promouvoir le plus d’artistes kabyle et amazighs possibles (anciens ou nouveaux). Pas forcément des chanteurs, mais aussi des humoristes, des troupes, et à plus ou moins long terme du cirque, du théâtre, … Les gains qui seront engrangés, s’il y’a lieu parce que ce n’est pas toujours le cas malheureusement, seront injectés pour : L’achat des équipements plus performants, tels qu’un ordinateur puissant pour mes montages, une caméra adéquate pour des couvertures de qualité d’évènements kabyles et amazighs. Et aider sous forme de dons des associations et fondations qui œuvrent pour la promotion de notre langue. Il convient de citer entre autres, INAS de Montréal, Azar de Québec, ACAOH et Tiregwa à Ottawa, …

Des projets en perspectives ? « Notre prochain spectacle sera pour le 25 février 2017 avec le duo Aldjia et Ali Ferhati. Il sera suivi un mois plus tard, le 25 mars, d’un autre spectacle-hommage à Madjid Soula qui a fait beaucoup pour la chanson moderne kabyle. Vers le mois de mai 2017, ça sera au tour du chanteur Chawi Massinissa, pour un autre spectacle-hommage. »

Racid At Ali uQasi

Canada 29 janvier 2017.

Source : lematindz.net

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