Katia Touat : Une poésie raffinée mais mélancolique.



Katia Touat est une poétesse de petite taille mais de grand talent. Elle vient de publier un recueil de poésie intitulé « Ijeghlalen n tudert », aux éditions « Achab ». Ce livre de 98 pages est préfacé par l’écrivaine Nacira Abrous. Il coûte 250 DA. Katia est née à Ibekarène, un village qui fait partie de la commune de Bouzeguène. Elle a fait des études en génie-civil.

Je connaissais Katia de réputation. Je savais qu’elle glanait des prix dans les multiples festivals de poésie organisés à travers la Kabylie, notamment le premier prix obtenu à Adrar n Fad. J’ai eu la chance de l’écouter lorsqu’elle participa à quelques randonnées organisées par le groupe des randonneurs du Djurdjura. Comme le reste des randonneurs, j’ai été tout de suite subjugué par sa voix douce, sa manière de déclamer sa poésie, sa maitrise des vers : recherchés, ordonnés, polis, agencés avec des sonorités musicales et des métaphores empreintes d’ironie et de philosophie. Dommage qu’elle soit enrobée de spleen comme celle de Charles Baudelaire ! La poétesse mélancolique et la citoyenne joviale semblent appartenir à deux mondes différents.

*Katia Touat vue par l’écrivaine Nacira Abrous :

« L’histoire retiendra le nom de Katia Touat parmi les pionnières qui ont montré la voie vers l’écriture. Elle vient démentir les mauvaises langues qui prétendent que la poésie est l’apanage des illettrés puisque Katia détient un diplôme universitaire. Katia écrit en Kabyle pour contribuer au développement de sa culture et de sa langue maternelle. La poésie de Katia coule belle, fluide et limpide comme l’eau de source. Ses poèmes écrits avec l’art et la manière sont dépourvus de fautes et de lourdeurs de style. Ils se lisent avec aisance. Katia digne comme ses prédécesseurs, continue de porter le flambeau pour le léguer à son tour aux générations futures. »

*Message de Katia à ses lecteurs/lectrices :

« Je remercie tous les gens qui m’ont encouragée dans la voie de la littérature. Sachez que ces poèmes proviennent de ma propre source. Chaque poème a déterré une part de trésor enfouie dans mes entrailles. J’ai ressenti chaque poème comme un enfant que je portais en moi pendant plus de 9 ans. Je les dorlotais, les caressait, les chérissait quotidiennement. C’est trop dur pour moi de m’en séparer des fruits de mon amour. Pour toutes ces raisons, j’ai enfanté ces poèmes dans la douleur. Ils sont restés silencieux longtemps dans le secret de mon cœur, bercés dans mes bras. Au début, je ne voulais pas m’en séparer pour tout l’or du monde. Mais quand les sages m’ont reproché mon égoïsme en m’assurant qu’un bonheur non-partagé mourra dans la solitude préjudiciable pour tout le monde. Alors, j’ai décidé de les libérer avec les larmes aux yeux. J’ai ouvert la cage et mes poèmes se sont envolés comme des oiseaux ou des papillons vers des horizons que j’espère cléments et accueillants. »

Par Hammar Boussad.

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